– Quelles étaient vos branches fortes?

– Philosophie, littérature, maths.

– Vos branches cauchemars?

– Aucun cauchemar, mais une branche plus faible: l'allemand.

– Si vous le pouviez, dans quelle matière vous replongeriez-vous?

– Sûrement les maths. C'est la tournure naturelle de l'esprit lorsqu'il vise à l'universel.

– La gym: épreuve ou plaisir?

– Plaisir! J'ai joué passionnément au basket, jusqu'en ligue nationale A. Vous savez, c'est ce jeu où il s'agit d'élever la balle: toujours le même mouvement… J'étais à l'internat, à Saint-Maurice: la pratique du sport y était aussi poussée que les études.

– Etiez-vous plutôt cancre ou appliqué?

– Un peu anar, mais concentré.

– Seul ou en bande?

– Difficile de faire du basket tout seul… En fait, quand j'y pense, assez solitaire quand même.

– Qu'est-ce que l'école vous a appris qui n'y était pas enseigné?

– Ce que l'école enseigne, c'est le développement de l'intelligence. Ce que j'ai appris en plus, c'est le développement de la volonté.

– L'enseignant qui vous a marqué?

– Bernard Athanasiadès. Il ne donnait pas un cours de français, il célébrait la littérature. Mais il n'était pas le seul. Ce qui m'a porté, c'est précisément le fait qu'à Saint-Maurice, tous les enseignants partageaient une vision de l'homme et un projet pédagogique clair. C'est ce qui manque à l'école d'aujourd'hui.

– Les devoirs: à l'avance ou au dernier moment?

– Lorsqu'on est en internat et qu'on a environ 4 heures d'étude obligatoire par jour, les devoirs sont vite faits. Le problème est de savoir ce qu'on va faire du temps d'étude qui reste. On apprend alors à s'évader par le haut: par la lecture et l'écriture.

– Votre place préférée en classe?

– Au milieu du milieu.

– Qu'est-ce qui était mieux à l'école qu'à la maison?

– L'internat! Je sais que certains en ont des souvenirs douloureux, mais moi, j'ai vraiment aimé cette vie communautaire, que j'évoque dans mon livre Les chevaux dans la pluie (L'Age d'Homme). Même si j'avais du plaisir à rentrer toutes les trois semaines à la maison.

– Votre jeu préféré dans la cour?

– Le basket, toujours!

– Votre odeur préférée?

– Celle du crayon à papier.

– Quelle matière supplémentaire introduiriez-vous à l'école?

– Il s'agirait plutôt d'en supprimer! L'école s'est mise à enseigner toutes sortes de choses,

pas inintéressantes,

mais dont l'abondance noie l'essentiel.

– Préféreriez-vous être élève dans l'école d'aujourd'hui?

– Non, bien sûr.

– Petit examen express: 7 fois 8?

– 56.

– La date de la bataille de Sempach?

– Grands dieux, je ne sais pas!

– Les prépositions qui demandent le datif en allemand?

– Aus, bei, mit, nach, seit, von, zu. (Ndlr: à la mitraillette et avec une évidente satisfaction.)

– Un héros, une héroïne de Balzac?

– Mettons, le père Goriot.