– Quelles étaient vos branches fortes?

– J'étais une affreuse première de classe. Bonne en tout avec juste une petite faiblesse en maths.

– Vos branches cauchemars?

– La physique. Et la couture, à cause du repassage. Nous étions les dernières volées de l'éducation de papa.

– Si vous le pouviez, dans quelle matière vous replongeriez-vous?

– J'aurais plutôt voulu faire de l'italien ou de l'anglais dès quatre ans.

– Etiez-vous plutôt cancre ou appliquée?

– Les deux. J'avais de bonnes

notes et un comportement d'agitatrice. Au cycle, je frisais le – 2 de conduite.

– Seule ou en bande?

– Clairement en bande. J'étais une meneuse, y compris de rébellions.

– Qu'est-ce que l'école vous a appris qui n'y était pas enseigné?

– Peut-être une certaine tolérance face au racisme ordinaire. La prof de 4e primaire n'hésitait pas à accuser les Siciliens de nous ramener des poux.

– L'enseignant qui vous a marqué?

– Jeanne, ma prof de 2e-3e primaire. Elle refusait qu'on l'appelle maîtresse, elle ne nous faisait pas absorber mécaniquement la matière, nous apprenait à remettre en cause l'ordre social. Elle m'a offert mon premier Petit Larousse que je possède encore.

– Les devoirs: à l'avance ou au dernier moment?

– Très à l'avance.

– Votre place préférée dans la classe?

– Le premier rang.

– La plus ingénieuse que vous ayez vue?

– Planquer des antisèches dans les toilettes.

– Votre jeu préféré dans la cour?

– Le jeu du mouchoir.

– Votre odeur préférée?

– Celle de la colle blanche. J'aimais nettement moins celle de ces savons jaunes en forme de ballon de rugby qu'on devait lécher quand on faisait des bêtises.

– Quelle matière supplémentaire introduiriez-vous à l'école?

– L'apprentissage du goût. Aussi fondamental que la langue et calcul.

– Préféreriez-vous être élève dans l'école d'aujourd'hui?

– Non. J'ai aimé cette phase de transition où le vent de liberté des années 70 soufflait sur les vestiges des années 50. J'ai eu une bonne formation.

– La remarque récurrente dans votre livret scolaire?

– En primaire, c'était «excellent», «parfait», et même «excès de zèle». Ensuite: «insupportable», «tire le soutien-gorge de sa voisine» ou «claque la porte».

– Comment passiez-vous votre pause de midi?

– Je rentrais manger les bons petits plats de ma maman et je révisais ma flûte traversière.

– Examen express. 7 fois 8?

– Euh, c'est horrible… 42? non ça c'est 7 fois 7…

– La date de la bataille de Sempach?

– (Rires)… 1515, c'est tout ce que je connais.

– Les prépositions qui demandent le datif en allemand?

– «Von»! hmm…

– Un héros, une héroïne de Balzac?

– Le Père Goriot.