Issue en 1997 de l'Université de Zurich, la société Prionics est le leader mondial du test rapide ESB. Il repère dans les viscères bovins les prions à l'origine de la maladie de la vache folle. Utilisés aux Etats-Unis, les tests ESB de Prionics pourraient l'être davantage encore si le pays, qui a connu récemment son premier cas de vache folle dans l'Etat de Washington, entreprenait une campagne de tests à large échelle. L'an dernier, 35 millions de bovins ont été abattus aux Etats-Unis.

Le Temps: Les Etats-Unis vont-ils tirer parti de vos tests ESB?

Bruno Oesch: Ils s'en servent déjà dans leur surveillance courante de la maladie. Mais rien n'a encore été décidé quant au nombre de tests qui pourraient être effectués dans le cas d'une campagne de surveillance active suite au cas d'ESB découvert le mois dernier. De 50 000 à 500 000 bêtes pourraient être concernées par cette campagne. Les examens seront menés de la même manière qu'en Europe, c'est-à-dire sur des animaux de plus de 30 mois.

– Votre test sera-t-il utilisé?

– Les Etats-Unis vont valider et se servir de plusieurs tests, fabriqués par des laboratoires différents. Or parmi eux, les leaders sont nous-mêmes et l'américain Abott Laboratories. Je ne pense pas que l'administration privilégiera Abott par réflexe protectionniste. Leur test est produit en Irlande, alors que l'un des deux tests que nous commercialisons dans le monde entier est produit près de Chicago, où nous avons créé des postes de travail.

– Combien produisez-vous de tests par année?

– Cinq millions. Et nous avons un troisième test, plus rapide puisqu'il pourrait repérer la maladie dans un délai d'une heure à une heure et demie, au lieu de plusieurs heures, actuellement en cours de validation dans l'Union européenne. Si les Etats-Unis décident d'une campagne de surveillance active et qu'ils nous choisissent, il s'agira bien sûr d'une belle affaire.