Un site sur la Suisse en langue russe, pour satisfaire la curiosité des milliers de russophones vivant dans la région lémanique. Actualité, analyse, suggestions gastronomiques, démarches administratives, livres, vie quotidienne... Lancé par la Tribune de Genève et 24 heures, ce site très étoffé devrait intéresser également les Russes ne vivant pas en Suisse. Le point, quelques jours après le lancement.

Le Temps:Nadia Sikorsky, quel bilan tirez-vous des premiers jours de mise en ligne du site?

Nadia Sikorsky: Nous avons eu en moyenne un millier de visiteurs par jour. L'accueil est merveilleux. Nous avons reçu des commentaires très positifs, de même que des suggestions stimulantes que nous allons réaliser dès ces prochains jours.

- Quel public voulez-vous toucher en priorité?

- Premièrement, les 8000 russophones qui vivent en Suisse romande et en France voisine. Deuxièmement, les russophones qui désirent venir vivre ici. Troisièmement, tous ceux qui veulent passer leurs vacances en Suisse. Quatrièmement, les russophones qui, de l'étranger, travaillent avec la Suisse et veulent se tenir informés sur ce pays.

- Mais votre site ne risque-t-il pas d'encourager les Russes de Suisse à vivre en circuit fermé?

- Au contraire! Nous leur montrons qu'il y a beaucoup de choses à faire en Suisse. La langue étrangère de la plupart des Russes qui vivent au bord du Léman est l'anglais. Ils ne lisent donc pas la presse locale et passent à côté de beaucoup d'événements. Nous les conduisons à y participer, avec les Suisses.

- Y a-t-il un lien privilégié entre la Suisse et la Russie?

- Historiquement, c'est évident. De nombreuses personnalités russes ont vécu en Suisse. Le lien est aussi fort que celui qui existe entre la Russie et la France.

- Et aujourd'hui?

- Les Russes cherchent surtout la tranquillité. Ils apprécient aussi la qualité des écoles privées dans lesquelles ils placent leurs enfants.

- Pourquoi avoir créé aussi des blogs en anglais et en français?

- Dans ce cas, nous voulons stimuler l'intérêt des Suisses et des autres internautes pour la Russie, grâce à l'intervention d'experts reconnus comme Georges Nivat. Ils vont partager leurs opinions sur ce pays. Nous avons aussi la vocation d'être un pont entre la Russie et les autres pays.

- Les Suisses voient volontiers les Russes comme des hommes d'affaires sans scrupule. Voulez-vous corriger le tir?

- Ah, je la connais, cette réputation! Mais nous ne voulons rien corriger. Simplement dire la vérité à travers les témoignages de nos experts et de nos intervenants russes. Cela dit, notre vocation n'est pas de défendre l'image des Russes. Nous sommes un journal suisse en russe.

- Depuis quand vivez-vous à Genève et qu'y faites-vous?

- Je suis journaliste et docteur en sciences politiques. Un jour, j'ai rencontré... un Genevois. Je vis dans cette ville depuis neuf ans.

- Une bonne adresse russe à conseiller?

- Le restaurant Troïka, rue des Bains à Genève. Le bortsch est excellent!

www.nashagazeta.ch