Le Temps: Vous organisez un rassemblement samedi* pour la création de l'Association suisse pour la coparentalité (GeCoBi). Ses objectifs?

Paul Ménard : Les temps sont mûrs pour changer la pratique en cas de divorce. L'autorité parentale conjointe doit devenir la règle, comme le demande un postulat du conseiller national Reto Wehrli.

- Mais n'est-elle pas prévue dans le nouveau droit du divorce? Peut-on forcer les gens à s'entendre?

- L'autorité conjointe est prévue par la loi, mais on y renonce à la moindre réticence. Par exemple, l'avocat de la femme dissuade cette dernière de s'y engager, arguant qu'«elle n'a rien à y gagner». Nous demandons que l'on parte du principe d'une obligation d'entente: la garde conjointe serait la règle par défaut. Son refus devrait être justifié.

- Vous citez le modèle de la ville de Cochem, en Allemagne. En quoi consiste-t-il?

- Le processus de séparation est traité par un Tribunal de la famille pluridisciplinaire, comprenant des juges mais aussi des assistants sociaux ou des médiateurs. Dès le départ, un support est mis en place pour aider le couple à trouver une solution de vie future. C'est seulement après que le juge intervient. Aux dernières nouvelles, ce modèle a été adopté récemment au niveau national. Le juge Jürgen Rudolph, de Cochem, sera l'un des orateurs présents samedi.

- On a l'impression que les pères en Suisse se battent ponctuellement en cas de divorce difficile mais ne nourrissent pas un véritable mouvement.

- C'est en train de changer. L'avènement du GeCoBi, qui regroupe les associations paternelles au niveau national, est un signe. Il y a un vrai mouvement de fond.

*Samedi 17 mai, 14h30, place Fédérale, Berne.