Recouverte pendant deux jours par des dizaines de millier de tonnes de cendres, Quito essaie lentement de retrouver une vie à peu près normale. Par chance, une forte pluie a en partie lavé lundi les toits et les trottoirs, recouverts d'une couche allant jusqu'à 5 centimètres de cendre toxique expulsée par le Reventador, un volcan de plus de 3500 mètres d'altitude situé dans la région amazonienne, à moins de 100 kilomètres de la capitale équatorienne.

Au milieu des nuages de poussière toujours soulevés par les véhicules, la population s'est munie de masques et de foulards pour balayer et évacuer les tas de cendre. Une personne d'ailleurs est morte et 16 ont été blessées alors qu'elles nettoyaient le toit de leur maison. Totalement paralysés après l'éruption, à l'exception des hôpitaux, les services publics ont rouvert leurs portes mardi. Seules les écoles et les universités sont restées fermées. L'aéroport de Quito ne rouvrira pas tant que la cendre abrasive menacera d'endommager les réacteurs des avions, aujourd'hui totalement emmaillotés.

L'éruption du volcan a pris le gouvernement par surprise. Les scientifiques de l'Institut géophysique n'ont pas les moyens de surveiller tous les volcans actifs du pays – et ils sont légion – à commencer par le Pichincha qui domine la ville et le Tungurahua, lui aussi en éruption permanente depuis deux ans.

3000 personnes ont pu être évacuées aux alentours du volcan, malgré la destruction de deux ponts et la fermeture de la route principale reliant Quito à la région pétrolière du nord-est du pays. Bien qu'un nouvel oléoduc en construction ait été endommagé par la lave, les autorités ont confirmé que les exportations de pétrole continuent normalement.

Les habitants des quelque 20 000 km2 recouverts de cendres essayent d'oublier la sensation de «fin du monde» qui les a envahis dimanche, lorsque le jour est devenu nuit. Ils regardent toujours avec méfiance en direction du volcan Reventador, dont l'éruption pourrait encore durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois.