«Le rapport de l’être humain aux sommets s’est beaucoup transformé ces dernières décennies. Pendant longtemps, il revêtait un symbole de conquête, une dimension presque militaire, avec le développement des clubs alpins. Cet aspect a un peu disparu au profit d’une expérience plus hédoniste. Atteindre les hautes cimes est devenu un sport de dépouillement, dans lequel le geste est plus important que la performance. Certains alpinistes, comme Stéphanie Bodet, comparent même l’escalade à une forme de yoga vertical. Il a aussi la particularité d’entraîner une certaine discipline: la haute montagne exige d’être en forme, d’accepter la faim, le froid et la fatigue, de savoir lire la météo. C’est un éveil extraordinaire du corps, des sens et de l’intelligence.