Il est fini le temps où les migrants échangeaient une terre contre une autre, s'efforçant d'oublier leur culture d'origine pour faciliter «l'assimilation» de leurs enfants. Nous sommes sortis de l'ère du «ou» pour entrer dans celle du «et», annoncent les spécialistes des mouvements de population (LT du 12.12.05): le XXIe siècle appartient aux «transnationaux».

C'est peut-être la raison du succès de la collection Terres d'enfance, dont le dernier titre paru est «Rondes, comptines et berceuses du Portugal». C'est le disque que les grands-mères portugaises achètent à leurs petits-enfants, pour leur transmettre les chansons que leur chantait leur propre mère.

Avant le Portugal, il y a eu les chansons de Grèce, d'Allemagne, de Colombie, de Chine, de Tunisie et on en passe. Celles de Scandinavie sont annoncées. En tout, 27 pays ou communautés linguistiques figurent au catalogue de cette collection façonnée, à Paris, par une artisane de l'édition musicale, Tania Le Saché, elle-même transnationale pur sucre: née en Egypte, élevée partiellement en Italie, établie en France.

Chaque titre de la série, bien que résolument ancré dans sa terre d'origine, est enregistré à Paris. Souvent, les musiciens viennent voir Tania Le Saché avec un tout autre projet. C'est elle qui les aiguille sur sa collection, les incitant à des retours aux sources qui font de chaque disque une aventure peu banale.

Rondes, comptines et berceuses du Portugal, collection «Terres d'enfance», ARBmusic.

Dans les magasins spécialisés ou via http://www.arbmusic.com