Si la sphaigne faisait du cinéma, elle serait un rôle secondaire, une de ces actrices qui traversent les films dans la pénombre des stars, mais sans lesquelles les longs-métrages ne tiennent pas debout.

Mais voilà, la sphaigne est juste un végétal, une mousse, plus précisément. Et si elle est toujours plus utilisée en Europe, ce n'est pas pour sa beauté, mais parce que sa structure sert de support à d'autres végétaux. On y plante des fleurs-stars (tulipes, géraniums, etc.), des fruits-à-vedettes (fraises et Cie) voire des célébrités potagères (pommes de terre, poireaux).

Extraite des zones marécageuses de l'île de Chiloé, la sphaigne remplace de plus en plus la tourbe des jardins, lesquels profitent de sa fertilité. Les connaisseurs l'utilisent à l'horizontale, bien sûr, mais aussi à la verticale: ils entassent mottes de sphaigne et brindilles derrière des grillages, piquent dedans leurs plantes pour obtenir, au final, de véritables murs végétaux (voir photo), une tendance à la hausse dans la déco de jardin (LT du 18.11.2005).

Comme 10 grammes de mousse retiennent autant d'eau que 250 grammes de tourbe blonde, la sphaigne permet de réaliser des économies d'arrosage. Les pros l'utilisent surtout pour la culture de l'orchidée, le rempotage des plantes, les paniers suspendus, la culture des légumes, le bouturage ou encore la culture de champignons. A noter que la sphaigne s'auto-régénère, ce qui fait qu'on l'acquiert une fois pour toutes. Pas mal pour un second rôle.

Env. 130 francs pour un mètre carré de mur végétal (14 francs les 500 grammes). Par exemple:

Pépinière Grangier Frères, à La Croix Valmer (F), http://www.sphaigne.com, +33 4 94 56 41 51.

Demain: Le photinia, rouge toujours