Ils rayonnaient sur toutes les unes des journaux les trois colosses vainqueurs de la descente olympique. Bouquets de fleurs à la main, bras haut levés et sourires de gamins qui ont réalisé leur rêve. Objet de leur félicité? Cette médaille trouée en son centre à la manière d'un CD-Rom qui pendait à leur cou. Un précieux donut aux métalliques saveurs or, argent et bronze. Plus goûteuse devait être la médaille en chocolat de Kjetil Andre Aamodt, malheureux quatrième de l'épreuve.

Le concept de la médaille turinoise se veut plus ambitieux et solennel que culinaire. Dario Quatrini, directeur de l'équipe graphique du Toroc (Comité d'organisation des Jeux de Turin), a imaginé cette médaille pour rappeler «le leitmotiv» de ces Jeux: la place. La place lato sensu. Aussi bien, le génie circulaire de la piazza italienne que celui de la place de la médaille dont le trou central entoure et laisse transparaître le cœur vaillant de l'athlète qui porte la récompense.

En janvier dernier, Andreas Wecker, ancien champion olympique allemand de barre fixe, revendait pour 23 euros sa médaille d'or de Barcelone sur eBay. Combien s'échangera «cette merveilleuse expression du design italien», dixit Jean-Claude Killy, dans quinze ans? Les enchères sont ouvertes.