Mais non, on ne parle pas ici de sites pornographiques. Mais de streaking. Né sur les campus américains dans les années 1970, en pleine vague du flower power, le streaking (traduction française: «je-cours-tout-nu-devant-tout-le-monde») a d'abord été une manière baba d'exprimer son moi profond ou une façon très radicale de contester, de manifester.

Assez vite, les streakers se sont rendu compte que plus il y avait de gens et de caméras devant leurs interventions dénudées, plus c'était drôle (lire aussi LT du 20.06.05). C'est dans les enceintes sportives que les streakers, toujours inoffensifs, connaissent leurs heures de gloire: en 1974, un Australien déchaîne les passions de 53 000 personnes en interrompant le match de rugby France-Angleterre à Twickenham. Shocking? Au contraire, les Anglais adorent. A tel point qu'il est devenu courant de voir des bobbies lancés à la poursuite d'un streaker encouragé par la foule en délire.

Sur son site officiel (le streaking est illégal), Mark Roberts s'autoproclame «seul véritable streaker international». Cet Anglais se targue d'avoir remis (ou plutôt enlevé) ça à 300 reprises. Finale de Roland Garros et Tour de France compris. «Aussi simple que de prendre un bain», dit-il.

Hier solitaires et singuliers, les streakers du monde entier sont aujourd'hui célébrés sur le Net. De nombreux sites rendent hommage à leurs apparitions éphémères et anonymes, ils regorgent de palmarès, de règles à observer et forums de discussion.

http://www.thestreaker.org.uk

http://www.Streakerama.com

http://www.streaking.co.uk