Quel fil peut bien relier Shanghai à un dit «néo-bistrot» parisien? Quel rapport entre Coppola - Sofia, pas le papa-, et l'ayurveda? Et quel rapport entre la «portablophobie» et Colette (non, pas Colette l'écrivaine aux chats; Colette le concept-store parisien, vous le faites exprès ou vous avez passé l'année dans un ashram?)

Donc, quel rapport? Un seul. Le Petit dictionnaire du snobisme contemporain, qui réunit tous ces noms propres ou communs.

Le snobisme, décrit par l'auteur, Jean-Noël Liaut, n'est plus seulement «cette admiration sotte et factice pour les manières, les opinions en vogue dans les milieux tenus pour distingués». Car le méga-marché du snobisme enrichit des trend-setters (définisseurs de tendances), fait survivre des créateurs et vide les cartes de crédit d'innombrables victimes, qui manifestent une forte dépendance aux signatures: la marque de la chaussure, le nom de l'indispensable décorateur et/ou gourou, le numéro de téléphone de Karl L., etc.

Ce who's who de la branchouillardise, rédigé sur le le ton du pas-snob qui snobe les snobs, peut se feuilletter au spa, entre un lâcher-prise de moi-mon-moi et une leçon de kabbale. On apprend alors pourquoi il est bon de ne jurer que Deepak Chopra, Hussein Chalayan ou David LaChapelle.

Sans vouloir sursnober ces infos, bien sûr, insérer dans la liste Manolo Blahnik, Sophie Calle et la lounge attitude, en bientôt 2007, c'est très over-vieux, non? Karl trouve que oui, en tout cas.

Petit Dictionnaire du snobisme contemporain, Ed. Payot, 24,90 fr.