Le marketing fait flèche de tout bois, y compris des enjeux sensibles comme le réchauffement climatique. Dans l'actuelle foire horlogère de Bâle, la marque Amundsen Oslo raconte à qui veut l'entendre une belle histoire polaire.

Le fondateur de la petite manufacture norvégienne, qui a fusionné il y a quelques semaines avec le groupe genevois Villemont, est Jorgen Amundsen, arrière-petit-neveu de l'explorateur Roald Amundsen. Au printemps 2004, Jorgen Amundsen est parti sur les traces de son aïeul au pôle Nord. En route, le Norvégien a enfoui dans la banquise l'une de ses montres, un exemplaire du modèle Polar, pièce conçue pour résister à des températures extrêmes, d'une amplitude de 130 degrés. La montre était disposée dans un coffret étanche, et accompagnée d'un mot appelant la personne qui la trouverait à prendre contact avec Jorgen Amundsen.

Le 23 mars dernier, celui-ci a reçu un e-mail des îles Féroé, d'une maman dont le garçon de 11 ans avait peu auparavant retrouvé le coffret noir sur une plage. La montre était en bon état malgré trois années de dérive arctique.

Le plus surpris dans l'aventure était Amundsen lui-même, qui n'attendait pas si tôt des nouvelles de sa montre, se demandant à vrai dire s'il en aurait de son vivant. Mais voilà: les températures polaires ne sont plus ce qu'elles étaient, ce qui déboussole tout le monde. Même les montres sont en avance, c'est dire.