Genre

A quoi ressemblerait le monde si les hommes avaient leurs règles?

C’est la question audacieuse autrefois posée par la féministe Gloria Steinem. La réponse, sans surprise, est que la ménorrhée, souvent honteuse pour les femmes, deviendrait un événement masculin enviable et digne de fierté

Les règles sont un phénomène biologique parmi tant d’autres. Pourtant, depuis des temps immémoriaux, elles font l’objet de nombreux fantasmes dans presque toutes les cultures du monde. En Europe, on a ainsi longtemps cru qu’une femme qui avait ses règles pouvait faire tourner le vin et empêcher la mayonnaise de monter. Dans la tradition tzigane, les femmes doivent s’abstenir de faire à manger à ce moment du mois, le risque de contaminer les aliments étant trop élevé. Plus étonnant encore, le simple fait d’effleurer un homme avec sa jupe suffirait à le «souiller». Dans le même esprit, les juifs orthodoxes utilisent des lits cashers qui se séparent en deux pour permettre au mari de dormir loin de son épouse pendant la ménorrhée.

Une assiette «spéciales règles»

En Asie, les hindoues mangent dans des assiettes «spéciales règles». Dans certaines régions du Népal, les femmes doivent rester cloîtrées pendant une semaine dans une cabane. Au Japon, elles n’ont pas le droit d’exercer le métier de chef sushi parce que le cycle menstruel entraîne un «dérèglement». Et en Afghanistan, on explique aux femmes qu’elles deviendront stériles si elles prennent des douches pendant leurs règles. En Iran, enfin, 48% des jeunes filles sont persuadées que ces dernières sont une maladie.