Le feuilleton de la «peopolitique» française s'est enrichi d'un nouveau chapitre. La ministre de la Justice, Rachida Dati, a confirmé mercredi qu'elle était enceinte, en glissant à quelques journalistes, selon le site internet du Monde: «Je veux rester prudente, car ce n'est pas encore consolidé. Je suis encore dans une zone à risque. J'ai 42 ans, j'ai toujours dit que c'était fondamental pour moi. Si c'est consolidé, je serai heureuse et j'aurai l'impression d'avoir bouclé la boucle. Sinon, j'en serais très chagrinée, mais je mettrai du rouge à lèvres là-dessus et je porterai ce sac toute seule [sic].»

La veille encore, Rachida Dati avait refusé de s'exprimer sur sa grossesse, pourtant devenue évidente sur certaines photos. Mais ce mystère à peine levé, un autre prend sa place: qui est le père? Rachida Dati a refusé de répondre à cette question mercredi: «J'ai une vie privée compliquée et c'est la limite que je me pose vis-à-vis de la presse. Je ne dirai rien là-dessus.»

Un flot de spéculations a aussitôt envahi les rédactions parisiennes, où l'on a prêté à la ministre des liaisons avec plusieurs hommes puissants. Selon le site du magazine Le Point, qui publie ce jeudi une interview de Rachida Dati, celle-ci ne craindrait «que la réaction de son papa» - un patriarche marocain réputé autoritaire - à l'annonce de sa grossesse.

Rachida Dati a plusieurs fois défrayé la chronique ces derniers mois, notamment en raison de son goût pour les vêtements de luxe et les réceptions à gros budget. Intime de Nicolas Sarkozy au moment de son élection, elle a ensuite été écartée du premier cercle des ministres proches du président. Malgré les critiques - elle serait cassante, inexpérimentée et égocentrique -, elle ne semble avoir aucune intention d'abandonner son poste. Et la grossesse n'y change rien: «Ce n'est pas une maladie», rappelle-t-elle.

La présence d'une femme enceinte et non mariée au gouvernement n'est pas une nouveauté en France. En 1992, Ségolène Royal, qui vivait en concubinage avec François Hollande, avait accouché de son quatrième enfant alors qu'elle était ministre de l'environnement.