Fréquence Banane va devoir disparaître des ondes hertziennes pour migrer sur le câble. La «meilleure radio de Chavannes-près-Renens», comme se surnomme avec humour la station animée par des étudiants de l'EPFL depuis plus de dix ans, a reçu un courrier de l'Ofcom lui annonçant la fin de sa concession de radiodiffusion pour le 30 juin de cette année.

«Nous n'avons pas d'argument de poids à opposer à l'Ofcom, regrette Bruant Perrinjaquet, l'actuel président de la station émettant sur la fréquence 92.4 FM. Nous sommes simplement déçus du fait que cette mesure va mettre fin notamment à notre présence aux arrêts des transports publics. Une radio qui émet sur le câble est une radio morte.»

Un paysage médiatique cohérent

«Notre objectif n'est pas de faire taire Fréquence Banane, dédramatise Yann Lehmanns, responsable radio et télévision à l'Ofcom, mais de profiter du renouvellement du système des concessions pour l'intégrer dans un paysage médiatique cohérent. Vu que le campus de l'EPFL est câblé, nous avons jugé que cette mesure n'est pas déterminante pour sa survie.» Trente jours par an, la radio estudiantine aura une autorisation provisoire d'émettre en hertzien, histoire de bien communiquer les dates des bals.

A la création de Fréquence Banane, une solution – «bidouillée», selon Yann Lehmanns –, avait été trouvée afin que la radio émette sur le réseau hertzien sans devoir passer par la voie administrative classique. Une concession annuelle lui avait été octroyée, mais pour faire de la radiocommunication et non de la radiodiffusion. «Aujourd'hui, nous préférons appliquer la loi fermement plutôt que d'étendre cette exception à d'autres situations. C'est une question d'équité», dit Yann Lehmanns. L'ironie veut que ce dernier, qui a rédigé la lettre que les étudiants interprètent comme un arrêt de mort, est un ancien de Radio Acidule, la station historique dont certains membres ont donné naissance au programme de l'EPFL.

Bruant Perrinjaquet craint que cette migration vers le numérique ait un impact sur le renouvellement des animateurs. Fréquence Banane fonctionne avec un budget de 20 000 francs dont la moitié est assurée par une subvention de l'EPFL. Le câble mettra-t-il fin à une des rares occasions d'expérimenter la radio? Pas sûr. Les acteurs de ce dossier réfléchissent à la création d'un statut particulier pour les radios estudiantines en prenant en compte leur dimension formatrice.