En ouvrant la conférence de presse annuelle de présentation des résultats de la SSR, Mathias Steinmann, délégué aux recherches médias du groupe public, a frôlé le contresens. Radiocontrol, le nouveau système de mesure d'audience radio dont le pivot est une montre munie d'un micro (lire ci-contre), va apporter selon lui «un nouveau regard sur la radio». Les responsables de ces études ont prévenu d'entrée: les tests effectués grâce à cette montre, qui commencent en cette année 2001, ne sont pas comparables aux taux calculés selon l'ancienne méthode (l'interview) qui, après vingt-cinq ans, rendait son dernier service hier à la SSR.

Pour la première fois depuis la libéralisation du marché radiophonique, les stations du service public ont récupéré des parts de marché par rapport aux radios privées. Une hausse de 4%. En Suisse romande, les diffuseurs publics occupent 46% du marché contre 37% aux privés qui subissent une perte de 3 points. Les radios étrangères, concurrentes des entités publiques avant l'apparition des privés, jouent un rôle moindre en suisse. Leur part de marché stagne à 18%.

La radio suisse privée la plus écoutée est Radio Framboise qui cumule 60 000 auditeurs dans les jours ouvrables. La radio privée la plus écoutée de Suisse romande est cependant française. C'est Radio Nostalgie, avec 67 000 auditeurs quotidiens. La pénétration quotidienne des radios privées romandes s'est légèrement améliorée en 2000, passant de 28% à 29%. C'est Fréquence Jura qui a le meilleur taux (58%). Suivent Rhône FM (40%) et Radio Fribourg (36%).

Côté télévision, les chaînes publiques ont perdu des points d'audience entre 1999 et 2000. La TSR (TSR1 et TSR2) passe ainsi, en part de marché pour 24 heures, de 32,9% à 32,2%. C'est TF1 qui a principalement profité de cette baisse. Le premier canal français passe en effet à 16% de parts de marché, une hausse de 1,2% en un an. En Suisse alémanique, le recul des SF DRS est moindre, là aussi: de 33,2% à 32,5%. Les trois grandes privées (RTL, SAT1 et Pro7) ont toutes reculé au profit d'entreprises plus petites (RTL2, Super RTL et Kabel1). Pour sa première année d'existence, la zurichoise TV3 a dépassé Tele24 (3,4% contre 2,2%). Cette dernière se maintient cependant par rapport à l'année dernière.

L'utilisation générale de la télévision n'a pas augmenté en 2000 alors qu'elle avait tendance à le faire lors des années précédentes. En Suisse romande, elle a même diminué, passant d'une moyenne de 159 minutes quotidiennes contre 161 en 1999. Les Alémaniques, eux, consacrent en moyenne 137 minutes au petit écran et les italophones 171.

Autre nouveauté présentée hier: le Service de recherche de la SSR a collaboré avec une société spécialisée dans la mesure d'audience sur le Net. Les résultats pourront être comparables avec dix-huit pays qui utilisent la même méthode. Un projet appelé MMXI Switzerland et qui sonde l'utilisation du Net dans le pays entier mais chez les privés uniquement. Le panel compte actuellement 4863 personnes (3070 en Suisse alémanique, 1285 en Suisse romande et 508 en Suisse italienne). Les chercheurs ont précisé que l'introduction de cette méthode dans les bureaux est à l'étude mais qu'elle pose pour le moment des problèmes de sécurité et de confidentialité.

Selon les premiers chiffres publiés, les Suisses utilisent Internet à domicile à hauteur de 12,6 minutes par jour. En Grande-Bretagne, cette utilisation est mesurée à 9,3 minutes contre 9,8 en France et 16,5 en Allemagne. Le site le plus visité en Suisse, selon cette étude, est Bluewin. ch. Les Romands, eux, préfèrent Yahoo. fr.