Qu’ils soient indigènes ou exotiques, les Suisses adorent manger des fruits. Durant l’été, «Le Temps» raconte leur histoire, détaille les filières et analyse leur consommation.

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Contrairement à la pomme ou à l’abricot, le raisin se laisse difficilement dompter en cuisine. Séché, il enrichit en revanche allègrement brioches, strudels et couronnes des rois. C’est aussi sous cette forme qu’il est supposé avoir donné un sérieux coup de pouce à Hannibal le Carthaginois pour vaincre les Romains. Mais c’est évidemment vinifié que beaucoup le préfèrent puisque 60% de la production mondiale de raisin finit en bouteilles. Un taux qui serait bien plus élevé si les Chinois ne le consommaient pas toujours dans leur assiette.

L’Italie, premier producteur mondial de vin

Car, avec 855 000 hectares de vignes cultivées, le raisin est bien présent dans l’Empire du Milieu, deuxième pays viticole derrière l’Espagne (966 000 hectares), mais devant la France (794 000 hectares). En 2019, l’organisation internationale de la branche a comptabilisé au total 7,4 millions d’hectares de vignes dans le monde.

Lire à ce sujet: Réchauffement climatique oblige, le vin sera de plus en plus alcoolisé

Quand il s’agit de compter la production de vin, c’est l’Italie qui passe en tête devant la France et l’Espagne. L’année dernière, 4,75 milliards de litres de chianti, de Montepulciano ou de Barolo sont sortis des caves de la Botte. La Suisse pointe à la 22e place du classement, avec environ 100 millions de litres produits. Elle remonte en revanche à la quatrième place si l’on considère la consommation. En moyenne, un Confédéré ingurgite 36 litres et demi chaque année!

Du vin suédois

Les équilibres risquent de changer durant les décennies à venir. En 2013, une étude américaine alarmiste prédisait la disparition de la vigne du sud de l’Europe en raison du réchauffement climatique. Aujourd’hui, la production venant de ces régions est déjà beaucoup plus alcoolisée qu’auparavant.

Mais c’est compter sans le progrès. Vignerons et œnologues travaillent activement sur de nouvelles techniques de vinification ou de nouveaux assemblages pour continuer à produire le précieux breuvage. Ils devront toutefois composer avec une concurrence croissante car l’augmentation des températures et de l’ensoleillement inspire des régions plus septentrionales. Suédois et Danois se sont déjà mis à la production de vin.

Selon Agroscope, la Suisse devrait plutôt bien surmonter ce défi, mais la viticulture doit compter avec des attaques fongiques croissantes. Pour ce faire, des cépages particulièrement résistants sont mis au point, à l’exemple du divico, né d’un croisement de gamaret et de bronner. Dédiée au célèbre chef helvète du même nom, cette appellation fait aussi immanquablement penser au protecteur grec de la vigne: le dieu Dionysos.