L'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), coalition de quelque 200 organisations non gouvernementales (ONG), expose les diverses formes de violences à l'encontre des femmes dans 78 pays, dans un rapport présenté vendredi à Genève devant la sous-commission des droits de l'homme de l'ONU. Dans certains pays, le seul fait d'être une femme est en soi une menace grave, notent Carin Benninger-Budel et Anne-Laurence Lacroix, les auteurs de cette étude, entreprise en 1998 et qui s'appuie notamment sur les réponses à un questionnaire envoyé à 240 ONG.

L'OMCT dresse l'inventaire des diverses formes de violences – familiales, à l'intérieur d'une communauté plus large, commises par les Etats – exercées contre les femmes, pays par pays.

A propos des violences conjugales, le rapport cite, par exemple, une enquête réalisée dans la banlieue du Caire: sur 100 femmes âgées de 14 à 65 ans, toutes affirment avoir été victimes de violences domestiques, quotidiennes pour 30%, au moins une fois par semaine (34%), une fois par mois (15%), occasionnellement (21%).

Le Code pénal du Nigeria, par exemple, stipule qu'un homme est en droit de «châtier raisonnablement» son épouse quand il estime qu'elle s'est mal comportée, à condition de ne pas lui infliger des blessures graves (perte de la vue, de l'ouïe ou de la parole, défiguration, amputation, fractures).

Violences physiques, sexuelles ou psychologiques à l'encontre des femmes s'exercent également au sein d'une communauté plus large, poursuit le rapport de l'OMCT, qui évoque notamment les mutilations sexuelles des filles liées à la tradition, la prostitution organisée et le viol.

Lors des conflits armés, le viol est utilisé comme arme de guerre, note le rapport, citant la Bosnie et le Kosovo.