A des milliers de kilomètres de l'épave du Titanic, dans les eaux du sud-ouest du Péloponnèse, une autre chasse au trésor vient de commencer. Depuis vendredi, dix plongeurs dont un Suisse draguent le golfe de Messine. Leur expédition, immortalisée par des membres de l'équipe qui réalisait les films de Cousteau, devrait durer jusqu'à mardi. Elle cherche à remonter l'équivalent de quatre milliards de francs suisses: bijoux, or, 50 caisses de pierres précieuses, cash, objets antiques et religieux.

On? Le Conseil central des juifs de Grèce (KIS), aiguillé par un indicateur du nom de Costas Vrétos. Ce Grec de 67 ans rapporte avoir obtenu les confidences de Max Merten, ex-commandant SS de Salonique durant la Deuxième Guerre, et de son codétenu en 1958. Entre 1941 et 1944, Max Merten aurait extorqué les biens de la plus importante communauté juive de Grèce, celle de Salonique (56 000 personnes, exterminée à plus de 90%), contre la fausse promesse d'une sortie des camps. Le nazi aurait coulé le pactole dans un bateau de pêche.

Selon Costas Vrétos, Max Merten aurait tenté de récupérer son butin, avant d'être reconnu par un survivant en 1958. Condamné à 25 ans de détention mais emprisonné huit mois seulement en Grèce, puis renvoyé en Allemagne, Max Merten est mort libre, en 1976, sans retrouver les supposés milliards engloutis. L'histoire de Costas Vrétos n'est guère plausible aux yeux du KIS. Mais le comité tient à en avoir le cœur net, et s'en remet aux recherches de l'équipe engagées par le Grec, aujourd'hui détenu à Salonique pour divers délits. Les deux millions de francs nécessaires à l'expédition, celui-ci les a obtenus de sponsors. Quant au trésor, il est prévu un partage à parts égales entre la communauté juive et lui-même. Manolis, son fils, participe aux recherches. Son but: blanchir le nom de son père. Et accessoirement lui remplir les poches.