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Le regard de Samuel, 88 ans, sur sa «dernière demeure»

Des promenades à la chorale en passant par ses quelques trous de mémoire, cet octogénaire vaudois nous raconte avec simplicité son quotidien au sein d’un EMS des hauts de Lausanne. Où il se voit bien attendre la fin

Vous avez probablement déjà passé la porte – automatique – d’un EMS. Pour aller voir un grand-père, une grand-tante ou peut-être pour prospecter. Parce que l’un de vos parents n’est désormais plus capable de se débrouiller seul, et la maison de retraite vous apparaît comme une possible, voire unique, solution.

Dans notre société vieillissante, l’EMS fait plus que jamais partie de notre vocabulaire. Pourtant, l’évocation de ces trois lettres nous met encore souvent mal à l’aise… voire nous angoisse: à quoi peut bien ressembler la fin de vie dans ce lieu étrange, mi-pension mi-hôpital, que certains surnomment même le «mouroir»?

Solitude choisie

Samuel, 88 ans, a posé ses valises dans un EMS lausannois en 2015. Un déménagement entrepris de son plein gré et avec sa femme – «la femme», comme il l’appelle – avant que celle-ci ne décède d’un cancer deux ans plus tard. Depuis, Samuel est descendu d’un étage pour s’installer dans une chambre individuelle aux murs jaune clair. C’est là qu’il nous reçoit, entre son lit électrique, la pendule neuchâteloise et les quelques meubles en bois massif qu’il a pu emporter avec lui.

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Tout en douceur et simplicité, l’octogénaire vaudois raconte, au micro de «Brise Glace», sa vie de personne âgée en institution, des promenades de l’après-midi aux chutes du lit, des visites de son fils aux cours d’équilibre – auxquels il excelle. Un quotidien réglé comme du papier à musique, fait de cohabitation cordiale et de solitude choisie. Car Samuel le répète: il compte bien rester indépendant le plus longtemps possible et organiser son temps comme il l’entend. Reste la mémoire, qui lui échappe un peu trop souvent à son goût…

Avec la sagesse de celui qui est arrivé, sans révolte ni regrets, au crépuscule de sa vie, Samuel partage sa vision sereine de la maison de retraite. Qui sera, comme il le dit sans crainte, sa «dernière demeure».

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