– Sur un bateau pour aller où?

– Dans la baie d’Along, au Vietnam, sur une jonque avec les grandes voiles dépliées. Nonchalance, douceur de vivre.

– Et sur un pédalo avec qui?

– Toute ma famille pratiquant l’aviron, j’ai été programmée pour ramer plutôt que pédaler.

– Vos premières larmes par amour?

– Je pleure beaucoup, mon surplus de sentiments ressort par les yeux. Pourtant, j’ai eu la chance de ne pleurer que rarement par amour, mes larmes sont plutôt d’émotion.

– Combien de bains par semaine?

– Uniquement des douches. Hélas écologiquement incorrectes, car interminables et très chaudes. La douche est un moment de méditation où je réfléchis à ma journée et où je me recentre.

– Votre plus belle odyssée?

– La vie à deux.

– Et votre pire costume de bain?

– J’avais une chose particulièrement horrible à la fin des années 80. Un maillot gris avec des gros pois jaunes. Et, ce n’était même pas du sadisme parental, j’avais trouvé le moyen de l’acheter seule. J’ai acquis un peu plus de goût pour la sobriété, depuis.

– Ce qui vous fait perdre pied?

– La méchanceté. Elle ne fait pas partie de la gamme d’émotions et de sentiments que je comprends.

– Vous transpirez?

– Je fais pas mal de sport, je transpire et j’aime ça. J’ai vécu deux ans au Vietnam, j’y ai acquis une certaine décontraction par rapport à la sueur. Le taux d’humidité y est souvent de 80%. Les Vietnamiens sont impeccables et frais, alors que nous, Occidentaux, étions mouillés et ridicules. Cela enseigne une certaine humilité…

– Votre record de ricochets?

– L’eau, soit je rêve devant, soit j’y plonge. Le côté immersion par procuration d’un petit caillou n’a jamais été mon truc.

– Henniez bleue ou Henniez verte?

– Eau en carafe. Et, même si les puristes de la gastronomie réprouvent, j’y ajoute un brin de menthe et un citron coupé en rondelles.

– Votre vie: un verre à moitié vide ou à moitié plein?

– Chaque goutte compte, est précieuse et savourée.

– Une saison en eaux troubles?

– Ma focale intégrée se règle automatiquement sur la netteté. Je fuis le trouble, je me débrouille toujours pour le rendre net.

– Qui pour une leçon privée de natation?

– Johnny Weissmüller, champion de crawl avec tête hors de l’eau, le plus mythique des Tarzan. Ooooh!

– Quel goût a l’eau bénite?

– Pas de goût, mais un parfum: celui de ma grand-mère, un peu poudré et désuet. A chaque fois que j’y trempe mes doigts, c’est en son souvenir.

– Etes-vous la fille de la mer?

– Oui. J’ai passé quelques années de mon enfance en Algérie, au bord de la mer, le goût du sel est ma madeleine. J’ai besoin d’eau, même une piscine de rien du tout.

– A quoi servent les jacuzzis?

– A se donner des microbes parmi.

– Votre dernier mollard, pour qui?

– Mon éducation me l’interdit. Par contre, il y a dix ans, j’ai envoyé un verre de champagne à la tête de Michel Zendali.

– Votre plus grand plongeon?

– La maternité. Sinon, la dernière fois que j’ai plongé des 3 mètres. A mi-chemin, dans l’air, j’ai eu peur que la piscine ne soit vide et, comme dans les bandes dessinées, j’ai tenté de remonter. Je suis arrivée sur l’eau comme une grenouille écrasée par un camion.

– Quelle boisson pour accompagner votre dernier repas?

– Vin rouge. Syrah ou Humagne, au goût fort mais pas chichiteux.

– Ô rage, ô désespoir…

– Ô jeunesse ennemie (ha, ha!)

Rédactrice en chef de Femina.