Petit à petit la vaccination a perdu son caractère obligatoire en Suisse, seuls quelques cantons comme Genève, le Tessin, Fribourg ou Neuchâtel exigent encore que les enfants soient immunisés contre la diphtérie. Et devant la quasi-disparition de cette maladie ou de la terrible poliomyélite, qui n'ont plus été observées depuis vingt ans en Suisse, les parents remettent de plus en plus en cause la vaccination. Ils craignent de faire courir à leur enfant un risque inutile, lié aux effets secondaires, en recourant à la prophylaxie. Pourtant l'Office fédéral de la santé publique et l'organisation faîtière des médecins (FMH) tiraient la sonnette d'alarme lundi à Berne. La couverture vaccinale est d'environ 80% pour les principales infections comme la rougeole, le tétanos ou la rubéole, sa diminution constituerait un réel danger de santé publique.

Dans la seconde moitié des années 1990, la diphtérie a fait ainsi une réapparition impressionnante dans les Etats de l'ex-Union soviétique, avec plus de 150 000 cas de maladie et 4000 décès. Une épidémie qui est ensuite arrivée en Europe de l'Ouest sans pouvoir se répandre en raison d'une bonne couverture vaccinale de la population. Un cas d'école, qui montre qu'une maladie oubliée peut réapparaître. On pense bien sûr à la variole et au spectre de la guerre bactériologique mais aussi aux simples mouvements de population.

Avant l'introduction, dans les années 1950, des vaccinations, on dénombrait en Suisse 3000 cas de diphtérie, et 700 de poliomyélite avec 80 décès. En Hollande une épidémie de polio s'est déclarée en 1991 dans une communauté religieuse refusant les vaccins, 71 personnes ont été atteintes et deux sont décédées. Par contre, le reste de la population n'a pas été touché. Un exemple qui montre que la vaccination est autant un acte de protection individuelle que de solidarité sociale.

Et cet été, l'Italie a connu une épidémie de rougeole très importante. Il y aurait eu, dans la seule province de Campanie, au moins 17 000 enfants atteints, dont certains présentaient des complications graves, trois enfants sont morts. Avec une couverture de 80%, la Suisse doit s'attendre à une augmentation des cas de rougeole. Une maladie qui reste une cause de décès fréquente dans de nombreux pays du tiers-monde. L'OMS prépare par ailleurs un rapport pour le 20 novembre sur la vaccination dans le monde. L'organisation rappelle notamment que les vaccins constituent une des interventions les plus efficaces en santé publique et déplore que de trop nombreux enfants n'y aient pas accès.

Des maladies comme le tétanos, la poliomyélite, la diphtérie, la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l'hépatite B, ou l'haemophilus influenza (méningite), ont été banalisées alors même qu'elles peuvent avoir des conséquences graves. Une banalisation probablement liée à la réussite des campagnes de vaccination qui ont effacé des mémoires les séquelles, courantes autrefois dans la population, de ces maladies. L'OFSP et la FMH lancent donc une campagne pour convaincre les parents de la nécessité de vacciner leurs enfants.

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