En Afghanistan, ça va plutôt mal: les talibans ont le vent en poupe et une vingtaine de personnes ont perdu la vie mardi dans un attentat qui visait le vice-président américain Dick Cheney, en visite dans le coin. Le kamikaze était un manche: il n'a pas été fichu d'atteindre sa cible. Comme aurait dit Raymond Barre, seuls des innocents ont péri dans cette affaire.

En Arabie saoudite, les terroristes sont mieux exercés. Sur le groupe de huit Français désarmés pris pour cible le même jour aux abords d'un site archéologique, ils n'ont raté aucun des quatre individus de sexe masculin. Le dernier, âgé de 17 ans, est mort mercredi matin.

Cela dit, il ne faudrait pas croire que les habitants du royaume wahhabite n'ont pas d'autre passe-temps que d'abattre des infidèles. A Djeddah, note le Courrier international, un groupe de jeunes passionnés de cinéma a réussi à projeter des courts métrages chaque week-end pendant un mois entier dans le cadre des festivités estivales de la municipalité. «Nous n'avons pas été dérangés ni attaqués par quiconque», s'est réjoui l'un des organisateurs. Comme disait mon grand-père: le secret du bonheur, c'est de savoir modérer ses attentes.

C'est un secret qui se perd. Dick Cheney, par exemple, ne le connaît pas. Durant son voyage en Afghanistan, il aurait pu se réjouir de la bonne tenue de l'économie locale, due au boom du marché de l'opium. Il a préféré critiquer vertement le choix de la matière première.

Les Etats-Unis sont en guerre contre la drogue. Entre autres. Pour ce qui est de faire de l'argent, ils préfèrent d'autres produits: le tabac, par exemple. Ou la limonade, les chips et les hamburgers.

Connor McCreaddie, 8 ans, ne fume pas encore. Mais c'est un gros consommateur de limonade, de chips et de hamburgers. Très gros: il pèse 90 kilos, ce qui le gêne pour courir et même pour respirer. Les services sociaux de Wallsend, dans le nord de la Grande-Bretagne, accusent sa mère de maltraitance.

C'est idiot. La maman de Connor se tient en permanence à sa disposition pour lui préparer à manger. On devrait l'en féliciter. Surtout si l'on songe au nombre de mères qui n'hésitent pas à placer leurs enfants dans des crèches.

En Allemagne, les crèches font jaser. La ministre de la Famille veut doubler le nombre de crèches pour encourager les Allemandes à faire plus de 1,3 enfant chacune. Walter Mixa, évêque d'Augsbourg de son état, est contre: les crèches réduisent les femmes au rang de machines à procréer. Alors que ce sont aussi des machines à bercer, laver, éduquer. Et nourrir.

Mais foin de tous ces esprits chagrins. Les assureurs maladie suisses, eux, sont contents. Les réformes du système de santé vont bon train. Le communiqué dans lequel ils annoncent la bonne nouvelle s'intitule: «Présentation de la cession de printemps 2007 du point de vue de la politique de santé».

Je suis d'abord restée perplexe. Et puis j'ai compris: une cession parlementaire est une réunion au cours de laquelle des élus cèdent aux demandes plus ou moins insistantes des uns et des autres. Des caisses, par exemple.