Renommer des livres, déboulonner des statues, mais aussi dénoncer en masse des comportements individuels sur les réseaux… La «cancel culture» est, pour certains, le moyen de reprendre une parole bafouée et, pour d’autres, une manière de museler ceux qui expriment des opinions contraires. Cette semaine, «Le Temps» explore cinq facettes de ce «phénomène».

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«Dans les années 1970 et 1980, la littérature passait avant la morale; aujourd’hui, la morale passe avant la littérature. Moralement, c’est un progrès.» C’est par ces quelques mots que Bernard Pivot a justifié la légèreté avec laquelle il avait reçu Gabriel Matzneff sur le plateau de son émission Apostrophe, en 1990. Entre-temps, la révolution #MeToo est passée par là, les langues se sont déliées: depuis la publication du livre de son ancienne victime Vanessa Springora, Le Consentement, Matzneff n’est plus le «collectionneur de minettes» autrefois protégé par ses pairs mais un prédateur sexuel accusé de pédophilie.

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