L’homme est un animal rythmique, écrivait l’anthropologue Marcel Mauss, et ces rythmes ont été passablement bouleversés par les mesures de semi-confinement, dont les épisodes de télétravail obligatoire. Terminé, le métro-boulot-dodo pour près de la moitié de la population qui s’est astreinte au home office selon les chiffres de l’OFSP.

«Maintenant, je peux dormir jusqu’à 8h45, je me lève juste à temps pour ma première séance», rapporte Naïma, 25 ans, active dans la communication, illustrant l’un des changements majeurs qui ont pu être observés: nous avons, globalement, dormi plus longtemps. «L’augmentation de la flexibilité horaire a permis aux gens d’adapter leur temps de sommeil à leur horloge interne, et c’est positif», affirme Christine Blume, docteure en psychologie et membre du centre de recherche sur la chronobiologie [science qui explore et quantifie les mécanismes de l’horloge biologique, ndlr] aux Cliniques universitaires psychiatriques de Bâle, qui a codirigé une étude sur le sommeil au printemps 2020.