«Un paradis des données dans l’espace»

Pour Rick Falkvinge, fondateur du Parti pirate et soutien invétéré à Pirate Bay, l’utopie d’un havre de paix conféré aux données informatiques n’est pas morte

Samedi Culturel: Sealand s’est rêvée en paradis offshore du stockage de données. Mais elle a manqué d’offrir à ses clients une immunité législative. Pourquoi?

Rick Falkvinge: L’indépendance de Sealand se base sur une construction théorique qui suppose qu’elle est capable de se défendre en cas d’ingérence étrangère. Une nation, aussi petite soit-elle, n’est pas indépendante si elle n’est pas en mesure de défendre sa liberté par la force. Sealand est complètement dépendante de la Grande-Bretagne pour son approvisionnement. De sorte qu’elle n’est pas en mesure de faire ce qui lui plaît.

Avec la faillite de HavenCo sur Sealand, l’utopie d’un havre de paix conféré aux données informatiques est-elle morte? Existe-t-il un modèle durable et réaliste pour ce type d’initiatives?

Oui, bien sûr. La quête pour ce type de lieu affranchi des lois internationales n’a jamais cessé. Mais aujourd’hui, les regards de la communauté cypherpunk se tournent vers l’espace, au sein de centres de données en orbite. Le prix de lancement des microsatellites avec à leur bord de microserveurs a considérablement baissé.

The Pirate Bay a tenté de jeter l’ancre sur Sealand. En vain. Y aura-t-il d’autres tentatives?

Ce n’est pas prévu.

Les révélations Snowden vont-elles apporter un nouveau souffle aux initiatives de paradis des données?

Tout dépend à qui vous posez la question. La communauté cypherpunk a intégré les enjeux liés à la sécurité de l’information bien avant le scandale de la NSA. Snowden n’a donc rien apporté de nouveau. Par contre, il a attiré l’attention publique sur ces problèmes et sur la manière de les régler.