Ringier Romandie, éditeur de L'Illustré, de TV8, d'Edelweiss et de L'Hebdo a conclu un plan social préventif dans le courant de cette année. Cette mesure a eu un premier effet cette semaine. Un licenciement a été prononcé à Edelweiss. D'autres suivront dans les deux autres magazines. «Il est difficilement imaginable que l'on s'en tire sans licenciements, confirme Patrik Chabbey, directeur adjoint de Ringier Romandie. Nous sommes en train de discuter avec les représentants du personnel pour trouver des solutions communes afin que le plan s'applique au plus petit nombre d'employés. Je ne peux donc pas dire combien seront touchés. La «fourchette haute» se situe à dix personnes dont les postes seraient supprimés dans les deux titres.» Le cadre espère qu'après des réductions de temps de travail ou des départs volontaires, ce plafond ne sera pas atteint.

Baisse de la publicité

«On ne s'attend pas à ce que 2005 soit une année champagne, poursuit-il pour justifier le moment auquel interviennent ces mesures d'économies. Nous avons renoncé à croire en la reprise dont on dit depuis quatre ans qu'elle sera là au semestre prochain.» Sur l'état de santé financier des titres, Patrik Chabbey refuse d'entrer dans les détails. «L'Illustré va mieux que L'Hebdo», se contente-t-il de dire. Ce sont les entrées publicitaires de ce dernier, en chute d'environ 10% sur une année, qui rendent les éditeurs inquiets plus que le nombre d'abonnés ou de vente en kiosque, qui sont en hausse. Le manque à gagner de L'Hebdo se situerait autour de 800 000 francs pour 2004, chiffre que Patrik Chabbey ne veut pas commenter. «Les magazines d'information attirent structurellement moins qu'à une époque», regrette-t-il simplement.

Ces licenciements doivent-ils laisser croire que l'avenir de Ringier Romandie est menacé? La Radio suisse romande (RSR) rappelait vendredi que le groupe de presse français Hersant avait demandé à la direction zurichoise de Ringier si celle-ci était désireuse de vendre sa branche romande. «Les bruits couraient depuis la fin de dimanche.ch que Ringier Romandie était à vendre, confirme Jacques Richard, administrateur délégué des activités suisses d'Hersant. J'ai fait savoir que nous étions intéressés à voir le dossier. Il m'a été répondu, au début de l'été dernier, qu'aucun projet de céder Ringier Romandie n'était planifié.» Myrta Bugini, porte-parole de l'éditeur zurichois, insiste: «Ringier Romandie fait partie intégrante de nos activités. Nous n'avons aucunement l'intention de le céder.» Edipresse, par la voix du directeur général de ses activités suisses, Tibère Adler, a en outre démenti l'existence d'un accord de préemption liant son entreprise basée à Lausanne et Ringier en cas de vente des magazines édités par ce dernier.