Voiture, train, avion ou aliments transgéniques… De tout temps, l'introduction de nouvelles technologies sur le marché a suscité des craintes de la population, parfois à tort, parfois à raison. Les appareils émettant des rayonnements non ionisants ne font pas exception à cette règle. La cause principale est connue: le manque de connaissances qui permettent d'évaluer clairement le risque sanitaire.

Mais dans ce domaine, produire un rapport de recherche, même rassurant, ne suffit pas. Les perceptions d'un même risque dans la population sont souvent variées. Si l'on ne tient pas compte de la palette des craintes émises, le rapport ne répondra pas aux questions que les gens se posent, donc ne rassurera que quelques initiés. Pour mieux répondre aux attentes du public, l'OMS a inclut une étude sur la perception des risques vis-à-vis des champs électromagnétiques dans la population au sein de son Projet international CEM.

Danger et risque

Il est important de ne pas confondre les notions de «danger» et de «risque». Une situation ou un objet «dangereux» est susceptible de porter atteinte à la santé d'un individu. Exemple: la voiture est un danger potentiel. Le «risque» est la probabilité qu'une personne soit victime de ce danger: conduire revient à prendre un risque, conduire à haute vitesse augmente ce risque. Il est à noter que le risque zéro n'existe pas: la personne qui reste chez elle pour éviter le risque lié à la voiture n'est pas à l'abri d'un tremblement de terre.

Perception du risque

Age, sexe, culture, niveau d'éducation, divers facteurs influent sur la décision d'une personne d'accepter ou de refuser un risque. Un choix qui consiste à opérer une pesée d'intérêt entre les avantages attendus d'une activité et le risque encouru. Le côté fun d'un saut en parachute supplantera plus facilement le côté risqué chez un jeune que chez une personne âgée.

Nature du risque

La nature du risque peut conduire à différentes perceptions. Tout d'abord, l'exposition involontaire à un danger potentiel est particulièrement mal perçue. Les personnes qui n'utilisent pas de téléphone cellulaire auront davantage tendance à trouver que le rayonnement émis présente un risque élevé que celles qui ont choisi d'en faire usage. L'exposition au risque peut même être perçue comme injuste. De plus, le manque de contrôle sur la situation augmente la crainte: lorsque les gens ne sont pas consultés sur l'installation d'une antenne dans leur voisinage, ils percevront les risques comme élevés. La nouveauté ou l'inconnu gonfle également le risque: le risque lié au smog électromagnétique est impalpable, difficile à appréhender et de plus incomplètement documenté. La gravité des conséquences sanitaires contribue enfin à intensifier la peur: le public accorde beaucoup d'attention à la possibilité, même faible, que l'exposition aux champs électromagnétiques puisse provoquer des cancers, surtout chez des enfants. Un eczéma ne provoquerait pas le même émoi.

A.Cl