Les «affaires» se suivent et un débat de philosophie politico-judiciaire revient en force: celui de l’adéquation du droit pénal aux «réalités» contemporaines, notamment au sujet de la prescription – soit le délai, prévu par la loi, passé lequel la justice ne peut plus être saisie. En Europe, il a été ravivé ces derniers mois par le cas Roman Polanski, toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre d’une procédure pour détournement de mineure déclenchée en 1977, et visé par une nouvelle accusation de viol portée par la Française Valentine Monnier. Cette photographe affirme avoir été frappée et violée par le cinéaste en 1975 en Suisse quand elle avait 18 ans, son témoignage s’ajoutant aux accusations de plusieurs femmes ces dernières années, pour des faits prescrits.

Quelques mois plus tôt en France, face à l’avalanche de témoignages dans l’affaire dite de la «Ligue du LOL», la secrétaire d’Etat Marlène Sciappa tweetait: «Rien n’empêche d’étudier l’allongement des délais de prescription», rappelant que dans l’Hexagone «on vient de l’allonger de dix ans pour les viols sur mineurs».