Première publication. «Dans Details, un magazine new-yorkais, en 1984. J'y ai publié mes bandes dessinées, je mêlais l'art et la mode. Depuis, j'ai toujours eu la chance de faire ce que je voulais, sans qu'on m'impose des contraintes gênantes. On vient me chercher parce qu'on connaît mon travail.»

Illustration. «Elle a pour atout sa personnalité. Une intimité, la particularité d'un regard et d'un geste posés sur un objet de mode. La photographie de mode est devenue complexe, très lourde à organiser, elle engage des équipes énormes. Le dessinateur tente, lui, d'exprimer une interprétation spontanée, urgente. Une illustration est réussie quand elle attire l'attention, qu'elle suscite de l'émotion, qu'elle est inspirante. L'illustration et la photographie ne s'opposent pas, elles se complètent.»

Mes clients. «Des magazines, des grandes marques. Mais l'illustration de mode est devenue un art en soi. On me demande aussi des grands formats, pour des boutiques par exemple.»

Etincelle. «Parfois je vois les objets portés et dessine ensuite, mais pas toujours. Un mot, une idée lance parfois la machine.»

Techniques. «Elles sont nombreuses, mais j'apprécie le crayon, la rapidité qu'il permet.»

Tendance. «C'est ce qui se respire, ce qui parcourt l'atmosphère. Dès qu'on veut la définir, on s'en éloigne.»

Mode. «La mode est l'animal qui vous dévore et dont les humeurs changent très vite! C'est aussi un art de l'imitation: quelqu'un porte un vêtement, un autre le voit et l'imite. Mais cette imitation n'a de sens que si elle est sincère, que si elle colle à la personne qui copie.»

Style. «C'est une signature personnelle, qui traverse les modes, en relation avec l'intérieur. Comme un groupe sanguin!»

Capitale. «Il y a des capitales de l'industrie de la mode, Paris reste la première, la plus audacieuse. Mais il n'y a pas de capitale de la mode, qui s'invente et se défait partout.»

Un vêtement. «Forcément un vêtement de ma femme Isabel. Un col roulé. En fait, comme la plupart des gens qui travaillent dans la mode, je porte toujours les mêmes choses depuis vingt ans.»

Un mot. «Sincérité. Mes dessins sont sincères, avec une touche d'optimisme et une absence de sérieux.»

Un artiste. «Miles Davis, pour son sens unique du croquis. Il est un génie dans l'art de raconter une histoire avec très peu de chose.»

Femme. «Pour sa poésie, son mystère. Tout ce que beaucoup d'entre elles n'osent pas montrer, par peur de gêner ou de paraître vieux jeu.»

Cuba. «Un mélange de gens, de races, de couleurs, et une énergie. Tout cela vit, je crois, dans mes dessins.»