«Pour une femme, le silence est une parure», aimait à rappeler Aristote en citant Sophocle. On sourit, ou on s’étrangle. Jamais avares de conseils en matière de bienséance, les représentants du sexe dit fort ont même jugé bon de bannir le rire des femmes, et ce, durant des siècles. C’est ce qu’on apprend sous la plume de l’historienne Sabine Melchior-Bonnet, qui explore dans un essai foisonnant paru fin avril les fantasmes et les enjeux attachés au rire féminin.

La spécialiste des sensibilités, à qui l’on doit, entre autres, Les Revers de l’amour (PUF, 2019) ou Histoire du miroir (Pluriel, 1998), elle non plus n’est pas avare, mais de sources. Mythologie, littérature, médecine, théâtre, bande dessinée, ou encore stand-up sont convoqués dans Le Rire des femmes. Une histoire de pouvoir (PUF), pour éclairer un pan encore méconnu de notre Histoire.