Pascal Couchepin aime la liberté individuelle et ne se prive pas de le faire savoir. Jeudi, lors de son discours inaugural au Salon de l'automobile, le président de la Confédération a plaidé pour expliquer son rejet de l'initiative «Pour un dimanche sans voitures par saison» soumise au peuple le 18 mai. Selon lui, «même si cette initiative est sympathique, l'Etat ne doit pas intervenir sur des questions relevant de la décision personnelle.» Le public de la Salle des congrès, entièrement acquis à sa cause, a chaleureusement applaudi son allocution officielle. Seuls les propos sur le réchauffement de la planète et les nuisances d'un trafic automobile débridé ont refroidi la salle. «Il y a une priorité: la réduction des émissions de gaz à effet de serre», a dit Pascal Couchepin.

Juste avant le discours du président de la Confédération, Laurent Moutinot, président du Conseil d'Etat genevois, s'est exprimé sur le même thème en dénonçant les paradoxes qu'engendre l'automobile: «Nous voulons pouvoir rouler toujours plus vite, et en même temps des routes plus sûres. Nous voulons une circulation plus fluide, mais pas de trafic devant notre fenêtre.»

Après les discours officiels, Pascal Couchepin a visité le Salon accompagné de plusieurs membres du gouvernement genevois. Très intéressé par les progrès réalisés en matière de consommation des véhicules, il a pris le temps de poser à côté des carrosseries rutilantes. Les voitures hybrides ont particulièrement attiré son attention. Pendant que le groupe était poursuivi par les photographes, un de ses conseillers disait discrètement au Temps: «Il [le président de la Confédération] regarde surtout le côté pratique de l'automobile. Il aime bien se balader dans sa petite voiture japonaise à quatre roues motrices, car elle est beaucoup plus facile à conduire que son Audi.»