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Sarah Gysler, 23 ans, revient de son troisième périple autour du monde.
© Source: Facebook

Défi relevé

Sarah, l’aventure sans un sou

Originaire d’Epalinges, Sarah Gysler a 20 ans lorsqu’elle décide de partir sur les routes avec zéro franc en poche. Un périple fait d’imprévus et d’auto-stop qu’elle raconte dans un livre, «Petite», sorti cet été

Un tube de crème solaire, deux d’antimoustiques, trois paires de jeans, sans oublier le smartphone pour la réservation d’hôtels (et, juste au cas où, un mini-sèche-cheveux): voilà à quoi ressemble la panoplie d’un voyageur prévoyant. Pour un week-end, compter un trolley bien replet.

Cet attirail ferait sourire Sarah Gysler. Elle qui, à 23 ans, revient de son troisième périple autour du monde, seule, sac au dos… et sans un centime en poche. «L’aventurière fauchée», voilà comment elle se surnomme. En 2016, cette Palinzarde a décidé de tout lâcher: son job, son petit appartement et son quotidien bien rangé pour prendre la route une fois pour toutes, sans rien emporter. 

Le déclic? Un sérieux besoin de prendre l’air, ne parvenant à trouver sa place dans une société qui stigmatise encore trop souvent les parcours de vie différents. Le défi du zéro budget, lui, s’impose moins par dégoût de l’argent que par nécessité: Sarah n’a pas un compte en banque florissant mais refuse que cela freine sa soif d’évasion. «Je me suis décidée à partir avec rien, à revenir avec rien et à me débrouiller entre deux.»

Poissons et racines

Tant de contrées lointaines lui font de l’œil. Alors l’aventurière fait valser une mappemonde à l’aveugle et laisse le hasard décider. Ce sera la Laponie. Soit. Sarah a 20 ans à peine et prend la direction des plaines nordiques, à la fois euphorique et anxieuse d’entamer sa grande vadrouille… en auto-stop. «Je n’avais aucune idée de la route à prendre. Alors je suis allée à la station-service la plus proche, et j’ai commencé par viser Berne.»

Il lui faudra quatre mois pour atteindre sa destination enneigée, passant de ville en village, de banquette arrière en siège passager. Et la route n’est pas de tout repos: en plus de héler les automobilistes, il lui faut trouver quotidiennement un coin où dormir. Fuyant le froid, l’intrépide se souvient avoir passé quelques nuits dans les cages d’escalier d’immeubles à Oslo. «Dans des endroits plus magnifiques encore que si j’avais logé à l’hôtel!»

Quand ses hôtes ne lui offrent pas le couvert, Sarah récupère les invendus de supermarché, pêche ses plats dans la rivière et apprend à cuisiner des racines. Le tout est d’être inventif pour trouver des alternatives. Et surtout, ce sont les rencontres qui la nourrissent, tout comme ce sentiment grisant de liberté. «Sur la route, je fais ce que je veux. Le monde devient un immense terrain de jeu dans lequel je m’amuse comme un enfant.»

Une trace derrière elle

Tant et si bien qu’une fois arrivée au cap Nord, la nomade n’est pas rassasiée. Un saut en Suisse et hop, elle repart pour un vrai tour du monde cette fois, son baluchon lesté d’un hamac. Des pérégrinations qui la mèneront sur les rails du Transsibérien, dans les steppes de Mongolie, au fin fond des Philippines (où on lui tatoue la clavicule au bambou), à Gibraltar… La Vaudoise ira jusqu’à traverser l’Atlantique à bord d’un «voilier-stop», comme elle l’appelle, pour atteindre les Caraïbes et finalement, la Colombie.

Bien sûr, on lui a demandé si elle ne craignait rien en tant que femme seule sur les routes. Sarah explique qu’elle ne s’est que rarement sentie en danger. Et que la vigilance, couplée d’un peu de bon sens, lui a suffi pour tracer son chemin sans encombre. D’ailleurs, sa famille ne s’inquiète plus de ne recevoir qu’irrégulièrement des nouvelles. Sarah n’a pas emporté de téléphone avec elle.

Une caméra, plutôt. La jeune exploratrice s’en sert pour immortaliser des bribes de son périple qu’elle partage sur son blog, accompagnées de textes enlevés. Pas étonnant donc que ce printemps, Sarah soit revenue en Suisse avec une idée très précise en tête: écrire un livre.

Dans Petite (Ed. des Equateurs), elle raconte son enfance, son expérience, les challenges du voyage et ce qu’il lui a apporté, principalement une confiance en elle nouvelle. Sarah espère ainsi pouvoir inspirer à d’autres le courage de prendre le large. «Il y a cinq ans, j’aurais aimé que quelqu’un me montre que cette vie était possible. Alors je laisse une trace pour que d’autres puissent la suivre.» Le message fascine en tout cas: sur les réseaux, 40 000 personnes suivent avidement les allers et venues de la globe-trotteuse.

Toutefois, la sédentarité a ses limites. Sarah prévoit donc de mettre les voiles à la fin de l’été. Direction l’Afrique, la Nouvelle-Zélande, ou le Pacifique, pourquoi pas…


Sarah Gysler, Petite, Éditions des Equateurs, 2018, 180 p.

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