Le pape Benoît XVI accueille aujourd’hui et demain au Vatican les évêques des 26 diocèses d’Irlande. A cette occasion, il devrait leur remettre une lettre pastorale concernant le scandale des abus sexuels qui a fait trembler l’Eglise catholique d’Irlande l’année passée.

Un premier rapport, publié au mois de mai, révélait que des dizaines de milliers d’enfants avaient été victimes d’abus sexuels et de maltraitance physique et psychique entre 1930 et 1990 dans les orphelinats, pensionnats et maisons de correction gérés par les catholiques.

Au mois de novembre, un second rapport dévoilait les abus sexuels commis par 46 prêtres du diocèse de Dublin sur 320 enfants. Publié par le Ministère de la justice irlandais, ce document accusait les archevêques de Dublin d’avoir couvert et étouffé ces affaires de pédophilie pendant plus de trente ans. Il constatait notamment que la préoccupation de l’archevêché consistait à maintenir le secret sur ces affaires, afin de protéger la réputation de l’Eglise catholique. Plusieurs des prêtres incriminés par ce rapport sont actuellement jugés.

Le 11 décembre dernier, le pape rencontrait le cardinal Sean Brady, président de la Conférence épiscopale irlandaise, et Mgr Diarmuid Martin, l’actuel archevêque de Dublin. «Profondément perturbé et bouleversé» par le contenu du dernier rapport, Benoît XVI avait exprimé son «profond regret», sa «honte» et son «indignation» pour ces «crimes odieux». Depuis cette rencontre, au moins quatre évêques ont donné leur démission au pape.

Paresse et immobilisme

Dans la lettre qu’il confiera à la hiérarchie irlandaise, et qui devrait être publiée le 17 février, mercredi des Cendres, Benoît XVI s’adresse à tous les catholiques irlandais et met en cause la gouvernance des responsables de l’Eglise de ce pays.

Cette crise pourrait mener à des réformes structurelles. L’Eglise irlandaise est critiquée pour sa paresse et son immobilisme. Elle compte pas moins de 26 diocèses pour quatre millions de catholiques. A titre de comparaison, la Suisse a six diocèses pour trois millions de catholiques.