Selon les observations de chercheurs de l'Université d'Ulster, publiées dans la revue Nature le 17 mars, le tsunami meurtrier survenu le 26 décembre 2004 au large de Sumatra a augmenté la sensibilité sismique de toute la région. Pour John McCloskey et son équipe, le tremblement de terre a augmenté le «stress sismique» sur la faille qui traverse Sumatra du nord-ouest au sud-est et sur la zone de subduction de la fosse de la Sonde, qui court à l'ouest de l'archipel. Ce stress «renforce le risque déjà considérable de tremblement de terre».

Les chercheurs ont évalué les contraintes sismiques induites par la rupture d'une surface de 250 000 km2 à la frontière entre les plaques indienne et birmane, lors du séisme de décembre. La pression s'est accrue de 5 bars dans la fosse de la Sonde, proche de cette zone de rupture, et de 9 bars sur la faille de Sumatra, dans la région de Banda Aceh, déjà fort éprouvée.

L'équipe irlandaise s'inquiète qu'un nouveau tsunami puisse se produire dans les semaines à venir. Elle rappelle qu'en Turquie, en 1999, le séisme d'Izmit (30 000 morts) avait été déclenché par un stress inférieur à 2 bars et qu'il avait lui-même déclenché, trois mois plus tard, celui de Düzce (350 morts). Les sismologues redoutent un tel couplage en Indonésie, où la zone de subduction pourrait se comporter comme celle de Nankai, au Japon. Au cours des 1500 dernières années, cinq des sept gros tremblements de terre ont été accompagnés d'événements contigus au cours des cinq années suivantes.