«Absolument!» A la question, posée lors d'une interview avec la BBC jeudi soir, de savoir s'il était prêt à interroger le prince de Galles dans son enquête sur la mort, il y a six ans et demi, de Lady Diana, le commissaire en chef de la police métropolitaine de Londres, sir John Stevens, n'a pas hésité une seconde. «Si c'est nécessaire, nous interrogerons les membres de la famille royale.» Le boss de Scotland Yard a été désigné par le «coroner» chargé de l'enquête formelle sur les causes du décès de la princesse et de son ami Dodi al-Fayed pour faire toute la lumière sur les diverses allégations et autres théories du complot qui entourent l'accident de voiture survenu à Paris le 31 août 1997.

Pas impressionné

Parmi les théories les plus courantes qui contredisent la police française, ayant conclu à l'accident en raison de l'état d'ébriété du chauffeur Henri Paul, celle avancée par les proches de Mohamed al-Fayed, le père de Dodi et le propriétaire du magasin de luxe Harrods: effrayé à la perspective que la princesse épouse un Egyptien et mette au monde un enfant à moitié arabe, le prince Charles, aidé par l'establishment anglais et les services secrets britanniques et américains, auraient fomenté un meurtre déguisé en accident, utilisant Henri Paul comme kamikaze. Une autre thèse avance que le sang contrôlé par les autorités françaises n'était pas celui du chauffeur du Ritz, mais celui d'une autre personne.

Le commissaire en chef de Scotland Yard n'a pas l'air d'être impressionné par ce genre de propos: «Un officier de police ne commence pas par écouter les théories en vigueur, mais par suivre les preuves. Vous avez ma parole que nous allons nous pencher sur cette affaire, et lorsque cette enquête sera terminée et que nous aurons vérifié les moindres détails de ces allégations, nous saurons quelle est la vérité et nous la ferons connaître au coroner», a déclaré sir John à la BBC.

Mohamed al-Fayed, qui répète que l'accident était «un meurtre horrible», a engagé l'avocat Michael Mansfield, un ennemi intime de Scotland Yard. Se satisfera-t-il du verdict du premier flic de Grande-Bretagne?