Plus que jamais, le débat autour des problèmes d'écologie et de sécurité des 4x4 et autres SUV (Sport Utility Vehicles) est vif, en Suisse comme ailleurs. Le Bureau suisse de prévention des accidents (BPA) a voulu en savoir plus sur la sécurité de ces lourdes automobiles. Dans une analyse dévoilée jeudi, le BPA commence par distinguer les SUV des autres véhicules: centre de gravité plus élevé, masse plus importante et, parfois, moteur plus puissant ainsi qu'une partie frontale plus haute et rigide. Les SUV constituent aujourd'hui 4% du parc automobile suisse, autrement dit 150 000 véhicules. Une tendance qui ne cesse de croître.

Selon le BPA, les passagers des SUV sont bien protégés, sauf en cas de tonneaux: les décès sont alors plus fréquents qu'avec des voitures conventionnelles. En cas de collisions, l'agressivité des SUV est deux fois plus importante pour les passagers des autres véhicules (estimation effectuée sur la base du nombre de conducteurs décédés dans d'autres véhicules pour 1000 collisions). La partie frontale élevée et rigide des SUV entraîne des blessures plus graves chez les usagers vulnérables que sont les piétons, les cyclistes et les motards.

Tout en reconnaissant que l'influence de la Suisse est en l'occurrence très limitée, le BPA recommande une série de mesures techniques pour améliorer la sécurité des SUV. Comme l'abaissement du centre de gravité, le renoncement aux nouveaux véhicules pourvus de pneus toutes saisons (dont l'adhérence est insuffisante en hiver) ou une meilleure compatibilité des SUV avec les autres véhicules en ce qui concerne leur structure, leur géométrie et leur masse. Autre recommandation: étendre à 3500 kg – au lieu de 2500 kg – la limite de poids des véhicules qui, dès le 1er octobre, devront répondre aux nouvelles prescriptions européennes pour la protection des piétons en cas de choc frontal. Cette directive européenne a été adoptée par la Suisse.