États-Unis

S’embrasser, mais pas trop

Aux Etats-Unis, où les «hugs» sont rois, les rapports se complexifient à l’ère #MeToo – l’ex-vice-président Joe Biden, accusé d’être trop tactile, en sait quelque chose. Accolades, baisers ou tape sur l’épaule, à quel saint se vouer?

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. Quand on se salue, que l’on s’effleure ou que l’on s’étreint, où se situe l’espace vital de l’autre qu’il ne faut pas franchir sous peine de passer pour un(e) goujat(e)? Des deux côtés de l’Atlantique, les réponses ne sont pas forcément les mêmes. Et à l’époque #MeToo, la question devient plus subtile et complexe.

Le risque d’être trop tactile

Les Américains ne sont pas vraiment friands de bises. Ils adorent par contre les hugs. Moins «risqué»? Certes, les joues ne se touchent pas, les lèvres ne frôlent aucun millimètre de chair – au pire, elles se retrouvent scotchées contre un vêtement à la hauteur des aisselles –, mais un hug est-il vraiment moins sensuel? Pas forcément. Souvent, il se fait accompagner d’une accolade appuyée dans le dos, les deux corps comme scellés pendant quelques secondes. On se sent bien. Beaucoup mieux qu’en s’adonnant au curieux manège des bises saccadées – d’ailleurs, combien? Autre casse-tête. Ou pire, des air kisses, ces bises en l’air, qui ne sont que du vent. Non, vraiment, on préfère nettement les bons gros bear hugs. Au moins, on ne risque pas d’attraper de torticolis, ni de frôler sans le vouloir d’un peu trop près un nez ou des lèvres.