Depuis plusieurs mois, privées d’offices à cause de la pandémie de Covid-19, les communautés religieuses ne peuvent plus se réunir physiquement. Leurs fondamentaux basés sur la communion des fidèles sont mis à mal. Face à cette situation, les pratiques religieuses ont dû s’adapter, en migrant principalement sur le web. «Les responsables comme les membres des communautés exploitent d’autres réseaux pour générer des contenus très proches de ce qu’ils faisaient déjà avant la pandémie», explique le théologien Jean-Christophe Emery, directeur de Cèdres Formation, organe de formation théologique de l’Eglise réformée vaudoise. Offices à huis clos diffusés en streaming, témoignages vidéo, podcasts, groupes WhatsApp sont devenus les canaux privilégiés.

«Selon le courant de pensée de l’école de Palo Alto, on assiste à un changement de niveau 1, c’est-à-dire une simple adaptation à de nouvelles conditions. Il s’agit de changements internes au sein du système. Ces modifications s’adressent surtout aux mêmes cercles de fidèles», précise Jean-Christophe Emery. Cette première phase pourrait passer à un stade supérieur: avec un changement de niveau 2, tout le système serait amené à se modifier. Encore en pleine crise, seules des conjectures sont, pour l’instant, pertinentes. Or, si l’avenir reste incertain, le monde n’en est pas à sa première crise sanitaire.