Bien-être

Soigner ses problèmes de poids en même temps que ses bleus à l’âme

Les régimes minceur sont désastreux pour la santé et le moral, car les problèmes de poids ne sont pas qu’une question d’alimentation mais aussi le produit d’un déséquilibre entre l’esprit et le corps. Exemple d’une approche plus holistique dans le Tyrol italien

C’est une histoire banale. Une jeune femme en surpoids entretient un rapport à la nourriture frisant le fétichisme. Obsédée par les calories, elle déteste son corps, son incapacité à le contrôler et la façon dont le monde réagit à son apparence. Après avoir essayé tour à tour les régimes protéiné, hypoglucidique, cétogène, sans sel, et Weight Watchers, elle décide de séjourner à Merano, dans le Tyrol italien.

Le programme détox de l’Espace Henri Chenot, l’un des centres de bien-être et de cure les plus célèbres d’Europe, représente la dernière chance pour une «dodue» de retrouver la ligne, lui assure-t-on. A l’issue des sept jours de cure, la balance affiche une perte d’environ 4 kilos. Mais la vraie transformation est ailleurs. La jeune femme a en effet compris qu’une agression subie à l’adolescence l’a amenée à prendre du poids pour se rendre invisible. «On ne regarde pas les grosses», analyse-t-elle pensive.

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Perte de poids et prise de conscience

A l’instar de cette jeune femme, de nombreux curistes vont à Merano perdre des kilos ou soigner une pathologie et repartent avec une prise de conscience. Certains hommes ou femmes d’affaires à l’intestin grêle perturbé comprennent que leurs problèmes digestifs – ballonnements, troubles du transit, etc. – peuvent être dus à leur alimentation mais aussi à leur incapacité à faire la part des choses.

En médecine chinoise, par exemple, l’intestin grêle fait le tri entre le pur et l’impur aussi bien du point de vue physiologique – dans le bol alimentaire – que du point de vue psychique. «Les problèmes de santé et de poids ne sont pas qu’une question de mauvaise alimentation, ils sont aussi le produit d’un manque d’harmonie entre l’esprit et le corps, d’un déséquilibre entre les forces yin et yang», indique Henri Chenot, spécialiste de médecine chinoise, docteur en psychologie et fondateur de l’Espace qui porte son nom.

La loi des cinq éléments

Il ajoute que l’on ne doit pas se contenter de suivre une cure. Il faut la comprendre en profondeur pour en tirer les meilleurs résultats. «Chaque émotion attaque un organe cible. La colère attaque le foie, la peur attaque les reins – c’est le fameux syndrome du «pipi de la peur» –, la tristesse attaque les poumons.» Ce n’est pas un hasard si la tuberculose, maladie pulmonaire dont les symptômes étaient proches du «spleen», a suscité au XIXe siècle une véritable fascination romantique.

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Chaque personne est prédisposée, par son tempérament ou son «terrain», à certaines émotions. En médecine chinoise, il existe cinq typologies de référence: le Bois est lié à la colère, le Feu à la joie, la Terre à la réflexion, le Métal à la tristesse et l’Eau à la peur. «Il suffit parfois d’observer attentivement les individus et leurs caractéristiques physiques, mais aussi psycho-humorales, pour identifier leur élément et, par voie de conséquence, leurs pathologies», poursuit Henri Chenot.

Le visage, miroir de la santé

Il relate à cet égard une anecdote amusante. Invité dans les années 1980 à participer à une émission télévisée pour exposer le résultat de ses recherches, il s’attend à une interview classique. «Au lieu de quoi, je me suis retrouvé dans un théâtre bondé. Sur la scène étaient assis cinq malades. On m’a demandé d’identifier les problèmes de chacun.» Il se prête au jeu et à la surprise générale trouve le talon d’Achille des cinq invités. «Ce n’est pas de la magie, mais une observation minutieuse de leur aspect!»

L’individu Bois, par exemple, est plutôt athlétique, avec un thorax en forme de V, un visage triangulaire et des pommettes saillantes. Il est très actif, entreprenant, et ses points faibles sont le foie et à la vésicule biliaire. La personne Feu, quant à elle, a un visage rond et rouge et une cage thoracique large. Extravertie, elle apprécie la bonne compagnie et le vin. Ses organes sensibles sont le cœur et l’intestin grêle.

«Evidemment, l’identification de la typologie d’appartenance ne se substitue pas à une analyse personnelle plus approfondie, qui tient compte notamment de l’hérédité du patient. Elle nous donne cependant des indications très utiles sur les problèmes de santé que nous devons nous efforcer de prévenir au cours de notre vie.»

Un régime adapté à chaque élément

Pour toutes les raisons qui précèdent et d’autres encore, les régimes minceur constituent un véritable désastre pour notre santé et notre bien-être. D’une part parce que le corps exige sa sève: les aliments, l’eau, et l’oxygène. Sans elle, il ne peut fonctionner correctement et, tôt ou tard, apparaissent des effets secondaires indésirables. D’autre part parce que ceux-ci ne tiennent pas compte du terrain et des spécificités de chacun.

«Une personne Feu ne sera jamais filiforme et diaphane, note Marie-Pierre Grenier, responsable de l’espace Traitement énergétique. Plutôt que de vouloir perdre du poids, mieux vaut ajuster son alimentation, adopter de nouvelles règles, toujours par rapport à ses caractéristiques individuelles.» S’agissant des pathologies, la médecine de demain sera plus individualisée, et il ne sera plus possible de parler de façon générale des patients.

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La digestion commence dans la bouche

Un conseil s’applique à tous, cependant. «La plupart des gens avalent les aliments tout rond, dans la précipitation. La nature nous a donné des dents, utilisons-les!» insiste Henri Chenot. Il ajoute que lorsqu’un aliment est absorbé en vitesse, il est détourné de sa finalité intrinsèque: nourrir l’organisme. «Quand on mange du pain, dès qu’il est en bouche, il est immédiatement analysé par les récepteurs qui, grâce aux papilles, informent le cerveau qui déclenche immédiatement la production d’une enzyme spécifique, propre à assimiler ce qu’il contient.»

Or, si l’on saute l’étape de la mastication, seule susceptible de déclencher selon les saveurs la production de l’enzyme adéquate, la substance ne peut être dégradée. Elle devient alors un déchet et va rejoindre les masses graisseuses. «Prenez votre temps pour les repas. Savourez l’instant. Au fait, l’air est gratuit, le saviez-vous? Res-pi-rez!»

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