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Dessin original de Chiara Dattola.

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Ce soir, je dîne chez un inconnu

Après Uber et Airbnb, la révolution continue avec les restaurateurs amateurs. L’idée est d’aller dîner contre rétribution chez un hôte qui aime cuisiner, en compagnie d’autres inconnus qui aiment manger. Une façon de rencontrer de nouvelles têtes

Dresser des assiettes pour de parfaits étrangers, se faire rétribuer à hauteur de ses dépenses, et voir ses convives sortir de table en s’étant éventuellement fait de nouveaux amis, voilà le concept de sites comme EatWith ou Surfing Dinner. Ces plateformes permettent de sortir manger dehors, mais pas au restaurant. Expérience sociale et originale, la table d’hôte improvisée s’inscrit dans l’économie de partage. Léonard, 35 ans, a tenté l’expérience en tant qu’hôte des «Airbnb du repas».

«Je suis Belge et suis arrivé à Lausanne il y a quelques mois. J’avais connu le concept de EatWith à Bruxelles et me suis dit que ce serait une bonne manière de rencontrer de nouvelles personnes», raconte cet ingénieur informaticien.

Un menu, un prix, un nombre d’invités

La première étape se passe sur le site. Il s’agit de proposer un menu, son prix, une date pour le dîner et un nombre d’invités maximal. «J’ai voulu jouer sur le cliché en proposant un repas moules-frites maison, dégustation de bières wallonnes et glace artisanale. Ça a plutôt bien fonctionné puisqu’en deux jours, mes quatre convives étaient inscrits», se réjouit Léonard. Le restaurateur improvisé a fixé le prix de la soirée à 25 francs suisses.

Arrive le soir du dîner tant attendu. A 19h, le Bruxellois, qui ne fait pas les choses à moitié, arbore un t-shirt satirique du Manneken-Pis pour accueillir son premier invité. Sonne Marco, un Italien de 39 ans qui se révélera vite être le talent comique de la tablée. Au cœur du quartier populaire des Boveresses, dans les hauteurs de la capitale vaudoise, la soirée bat bientôt son plein. Lilliane et Séverine, deux amies lausannoises d’une quarantaine d’années, sont venues s’initier au concept du restaurant éphémère.

«On adore sortir et rencontrer des gens, mais avec la mentalité vaudoise, ce n’est pas évident. Se parler d’une table à l’autre au bistro n’arrive pratiquement jamais. Aujourd’hui, tout se fait sur les réseaux sociaux», explique Séverine, qui a découvert les tables d’hôtes éphémères par le bouche-à-oreille.

Les moules de Léonard, superbement relevées, et ses frites, grossièrement coupées, sont à tomber. Quant aux bières, après l’Angelus et la Barbar, on déguste maintenant la Médiévale. L’alcoolémie, le rouge aux joues et le volume montent autour de la table, tandis que descendent la gêne et le contenu des bouteilles.

«Bizarreries suisses»

Marco imite l’accent vaudois prononcé de son patron, mime les situations de malaise au sein du métro lausannois et relève les «bizarreries» des Suisses. Lilliane et Séverine rient à gorge déployée, elles ne savaient pas que dans le prix un one-man-show était compris. Léonard est ravi: samedi, Lilliane lui propose de l’accompagner à une séance de cinéma open air.

Une de ces plateformes, Surfing Dinner, a été créée l’année passée par un couple de Lausannois. Le concept de repas chez l’habitant connaît un fort succès, depuis octobre 2015 près de 100 repas ont été organisés.

Interdit à Genève

Le site ne gère pas d’argent. Les invités rétribuent l’hôte en mains propres. Ce qui n’entraîne pour autant pas de mauvaise surprise: seul un cas a été rapporté d’une personne qui, après réservation, n’est pas venue dîner. Légalement, le concept du restaurant éphémère chez l’habitant est autorisé dans le canton de Vaud pour neuf personnes maximum, et interdit à Genève.


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