«Au malheur, ne jamais donner toute la place.» Cette phrase du poète suisse Philippe Jaccottet reflète la pensée étincelante de Capitale de la douceur, le dernier livre de Sophie Fontanel, romancière, critique mode et surtout poétesse. Un voyage bouleversant, et en vers, qui nous embarque dans un séjour sur l’île du Levant, où une communauté naturiste jouit des lieux dans un rapport pacifié, proche de l’idéal. La présence d’une base militaire ceinte de barbelés rappelle néanmoins la sauvagerie du monde. Cette expérience de la vulnérabilité des corps nus est l’occasion de révéler le traumatisme d’un viol à l’adolescence. De ce saccage, Sophie Fontanel questionne ce que pourrait engendrer un projet de résistance par la douceur érigée en éthique de l’existence.