Chloé, 32 ans, graphiste, un enfant de 9 ans:

«Je vis seule avec mon fils. Deux fois par semaine, je pars à l'atelier avant que Basile ne file à l'école. Jusqu'en avril dernier, j'aurais dit «pas question de le laisser seul avant 12-13 ans». Je m'étais arrangée avec une copine qui vit à côté. Elle a deux petites filles et un bon contact avec Basile. Je l'emmenais chez elle. Mais voilà, à cause de trois copains d'école qui se débrouillent seuls et trouvent «bébé» de ne pas en faire autant, Basile n'a plus voulu y aller. C'était «vital» pour lui. J'ai cédé. Et cela se passe bien. Pour qu'il n'oublie pas l'heure, nous enclenchons le réveil du four! Souvent, un copain passe le prendre. Avant il faisait le chemin seul.»

Vincent, 35 ans, médecin scolaire, deux enfants de 4 mois et 3 ans:

«Je travaille surtout avec des enfants et, notre rythme familial s'accélère à la rentrée. Le matin, je pars le premier. Avec les urgences, je ne sais jamais à quelle heure je rentrerai. Je me méfie tout particulièrement des fausses promesses faites aux enfants: elles les stressent au moins autant que les absences et le manque de repères. Avant de partir, je les embrasse et les confie à ma femme. J'ai tenu à montrer mon bureau à mon fils aîné. Il sait où je vais et cela l'aide à supporter mon absence, même s'il hurle parfois quand je m'en vais. Il sait aussi que, où que je sois, je l'appellerai pour lui dire bonne nuit.»

Anne, 40 ans, enseignante, quatre enfants de 11 mois à 17 ans

«Le dimanche, nous faisons un brunch dans le salon, mais en semaine, après la rentrée, la petite table de la cuisine suffit. Nous ne sommes jamais assis en même temps. Mon mari part tôt, le bus passe pour Jeanne et Léo à 7 h 20, mon fils aîné a son train à 7 h 42, et moi, un jour sur deux, je file vers 7 h 30 pour déposer Ben chez sa maman de jour. Le plus souvent, à la maison, ni les horaires, ni les humeurs, ni les appétits ne sont compatibles. Chacun se sert dans le frigo, puis dessert. Comme disent les enfants, «mieux vaut ne pas être le dernier à passer», parce que, à la fin, la table doit être propre».

Propos recueillis par Ar. Ra.