Verbier, 195 km de pistes - 410 si l'on compte les Quatre Vallées - 26 installations de remontées mécaniques. Buttes-La Robella dans le Val-de-Travers, 5 installations mais pas de station à proprement parler. David et Goliath. Quelle relation entre les deux domaines skiables? Aucune, et c'est pourquoi ils jouent désormais la carte de la complémentarité. On voit ainsi naître des associations qui pourraient sembler anedoctiques mais qui sont en fait plus malignes qu'il n'y paraît. Car les stations phares ont compris qu'elles avaient besoin de plus petites qu'elles, ne serait-ce que pour former de nouveaux skieurs.

«La saison passée, nos installations ont été ouvertes pendant quatre jours seulement, alors que nous avions fait pour 60000 francs de prévente pour la saison. Nos clients ont fatalement été frustrés», convient Jacques Haldi, président du comité d'organisation du site de Buttes-La Robella. Cette année, il propose une assurance neige de 100 francs. Avec ce supplément, les titulaires d'un abonnement Buttes-La Robella de 300 francs pourront skier à Verbier, lorsque les installations locales seront fermées. Même si la station valaisanne se trouve à 1h30 voire 2 heures de voiture du Val-de-Travers, l'offre reste très intéressante. «Nos installations attirent des pendulaires, il n'y a pas de station, mais la vallée compte 11000 habitants. Nous souhaitons fidéliser les Vallonniers, ils se déplaceront sans autre s'il n'y a pas de neige», explique-t-il.

Et quel est l'intérêt de Verbier dans ce partenariat? «Les jeunes skient de moins en moins. Pour les faire venir il faut tabler sur la proximité. Si les petites stations ferment, le réservoir de skieurs va s'éroder», constate Jacques Haldi.

Un point de vue que partage Eric Balet, directeur général de Téléverbier: «D'une manière générale, les petites stations devraient profiter de leur proximité avec nous. Les stations du Pays du Saint-Bernard (La Fouly, Champex-Lac, Vichères-Liddes, Espace Super Saint-Bernard) peuvent jouir de nos installations pour un supplément de 21 francs par jour. De notre côté, nous souhaitons soutenir les endroits qui forment des skieurs. Cela nous permet d'élargir notre clientèle et d'avoir des lits décentralisés. D'autant que certaines personnes aiment loger dans des petites stations.»

Stefan Carrupt, à Bourg-St-Pierre, a décidé de miser sur cette envie de retour à la nature: «Je souhaite aller chercher mes clients à Verbier, où l'on manque de lits, et leur proposer un service de bus-navette jusqu'au Châble, compris dans le prix de la chambre.»

Cette tendance à la délocalisation est confirmée par l'Office du tourisme du Pays du Saint-Bernard, où l'on remarque une augmentation de la demande pour le logement dans des endroits plus sauvages: «Certaines personnes fuient la ville à la montagne. Celles qui souhaitent avoir accès à un domaine skiable élargi peuvent aussi opter pour un abonnement aux quatre stations du Pays du Saint-Bernard et choisir leur destination du jour en fonction des conditions météorologiques.»

En Suisse orientale, c'est la station saint-galloise de Flumserberg, 65 km de pistes et 16 installations, qui a joué le rôle de «Goliath». «Il y a cinq ans, nous avons commencé à nous associer à de petites stations pour créer le domaine de Meilenweiss. Et nous sommes arrivés aujourd'hui à proposer 800 kilomètres de pistes, répartis sur 18 destinations en Suisse, au Liechtenstein, en Allemagne et en Autriche. Elles sont toutes situées à environ une heure de voiture de Zurich», explique René Zimmermann, responsable du domaine et des remontées mécaniques de Flumserberg.

Le but de cette association était notamment d'élargir l'offre et d'allonger la saison des petites stations, limitée par l'enneigement. «Nous pouvons assurer 60 jours de neige à nos clients. Par ailleurs, les petites stations peuvent profiter des instruments marketing des plus grandes.»

C'est aussi le changement dans les habitudes de la clientèle zurichoise qui a suscité une adaptation de l'offre: «Autrefois, les vacanciers de nos régions passaient une ou deux semaines dans la même station. Aujourd'hui, ils préfèrent venir souvent pendant la saison, pour une journée ou deux. Et ils réservent leur semaine de vacances à l'Autriche où ils trouvent des prestations au niveau du bien-être que les stations d'ici ne peuvent leur offrir. Notre association avec l'Autriche nous a permis de conserver cette clientèle», explique encore René Zimmermann.

La combinaison proposée semble plaire puisque le domaine Meilenweiss a vendu cette année 25% d'abonnements supplémentaires.

Grisés par ce succès, les responsables proposent cette année un supplément tout à fait inédit: l'accès à la halle de ski de Dubaï! Un produit destiné à ceux qui vont se dorer au soleil avant de plonger dans l'hiver et souhaitent malgré tout se mettre en jambes.

Pour s'y retrouver dans les nombreuses offres des petites stations: http://www. MySwitzerland.com/skifamille. http://www.saint-bernard.ch, tél. 027/783 32 48 http://www.grand-saint-bernard.ch, http://www.robella.ch/partenariat.php, http://www.matterhornstate.com/fr,www.meilenweiss.com, tél. 081/720 15 15