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Stéréotypes sur les Amérindiens? Une université va couvrir des fresques de Christophe Colomb

L'Université de Notre Dame, dans l’Indiana, recouvre de vastes peintures de son bâtiment principal, dénoncées comme des images minimisant les méfaits du colonialisme

L'Université de Notre Dame, l'un des établissements les plus anciens et les plus prestigieux des Etats-Unis, va couvrir des peintures murales consacrées à Christophe Colomb, considérées comme donnant une image faussée de l'histoire de l'Amérique coloniale.

Les douze fresques se trouvent dans le bâtiment principal de l'institution catholique, une structure imposante surmontée d'un dôme doré, et mettent en scène plusieurs moments de la vie et des explorations du Génois. Pour leurs détracteurs, ces œuvres peintes à la fin du XIXe siècle célèbrent des stéréotypes dépassés sur les Amérindiens et ignorent les conséquences dévastatrices du colonialisme.

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En fait, une évocation de l'immigration

Le président de l'université, John Jenkins, a écrit dans une lettre ouverte que ces œuvres de Luigi Gregori entendaient dépeindre des immigrants catholiques de manière positive à l'heure où ils faisaient face à des discriminations en Amérique.

Toutefois, il a reconnu que depuis les années 1990, les fresques avaient été interprétées comme «au mieux aveugles aux conséquences du voyage de Colomb pour les peuples indigènes qui vivaient dans ce "nouveau" monde et au pire dégradantes pour eux».

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Des explications ne suffisent pas

L'établissement, qui se trouve dans l'Indiana, a d'abord publié des brochures remettant les fresques dans leur contexte historique mais ça n'a pas été suffisant, selon John Jenkins.

Les œuvres ayant été peintes directement sur les murs, elles seront couvertes pour être malgré tout préservées. «Nous voulons préserver les œuvres artistiques dont le but à l'origine était de célébrer les migrants catholiques à l'époque marginalisés au sein de la société, mais d'une manière qui ne marginalise pas involontairement les autres», a dit John Jenkins.

L'association des étudiants amérindiens de l'université a salué sur Facebook une «sage» décision.

L'université a été fondée en 1842 par Edward Sorin, un missionnaire français, et compte actuellement 12.000 étudiants.

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