Il en reste peu mais il en reste. Vingt ans après l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, survenue le 26 avril 1986, la Suisse conserve des stigmates de la catastrophe. Faute à la malchance, puisque les deux «nuages» qui ont traversé l'espace helvétique entre le 30 avril et les premiers jours de mai auraient pu passer sans laisser de traces. Mais voilà: l'un et l'autre, venus respectivement du nord et du sud, ont rencontré dans trois régions du pays - le Tessin, le lac de Constance et le Jura - des précipitations qui ont plaqué au sol un peu de leurs poisons. Et faute à la science, capable de produire des substances exceptionnellement résistantes.

Trois contaminants radioactifs (ou «radionucléides») alors tombés du ciel présentent un danger pour les populations: le Iode-131, le Césium-134 et le Césium-137. Le premier, qui provoque des cancers de la thyroïde, possède une demi-vie de huit jours seulement, ce qui signifie que sa quantité diminue de moitié l'espace d'une bonne semaine. Autant dire qu'il n'en reste plus rien après quelques années. Le deuxième, dont la demi-vie est de deux ans, subsiste ici et là mais en doses si minimes qu'elles sont devenues indétectables. Le troisième constitue en revanche un cas différent. Doté d'une demi-vie de 30 ans, il reste bien présent en Suisse, notamment dans le canton le plus affecté, le Tessin.