Pourquoi la Suisse a-t-elle décidé de se lancer dans la course en 1997, alors que les équipes britanniques et américaines avaient des années d'expérience? «Reproduire ce qui se faisait déjà n'aurait eu aucun sens, confirme le responsable de l'instrument helvétique. Mais l'Office fédéral de métrologie a vu une possibilité de contribuer de façon utile à l'effort international, en choisissant d'emblée une masse-test de 100 grammes seulement, au lieu d'un kilogramme comme les balances existantes. Ce choix permettait de réduire drastiquement la taille et les coûts de développement de l'instrument.» Enfin, la miniaturisation permet de limiter les problèmes d'alignement et de déformation. «L'aimant britannique pèse 900 kg, le nôtre 4 kg», signale Ali Eichenberger. Cette stratégie minimaliste fait des émules: le BIPM, qui a décidé de construire sa propre balance, a décidé lui aussi d'utiliser une masse-test inférieure au kilogramme. La Suisse avait encore d'autres bonnes raisons de s'engager dans l'aventure. Notamment le fait que le plus important fabricant de balances de haute précision au monde, Mettler Toledo, soit helvétique. L'entreprise, qui a fondamentalement besoin d'étalons précis, collabore d'ailleurs étroitement au projet.