Dès l'annonce du premier cas de fièvre aphteuse en France, la Suisse a interdit avec effet immédiat l'importation de bétail en provenance des pays de l'Union européenne (UE). Les voyageurs qui se présentent à la douane sont priés de ne pas importer de viande et de rester à l'écart des fermes et des zoos. Il n'est pas question, en revanche, d'installer des tapis de désinfection à la frontière. Chaque année des Suisses reviennent de destinations où la fièvre aphteuse sévit de manière bien plus prononcée qu'en France actuellement.

L'Office vétérinaire fédéral (OVF) estime que les mesures prises jusqu'ici suffisent pour préserver la Suisse. Lorsqu'en 1993, la maladie s'était déclarée en Lombardie, la Suisse n'avait pas pris de pareilles mesures et elle avait été épargnée.

L'Union suisse des paysans (USP), moins rassurante, réclame notamment que l'on examine l'opportunité de reprendre les campagnes de vaccination, abandonnées depuis 1991. L'OVF, quant à lui, estime que la vaccination engendre des frais énormes sans assurer une protection satisfaisante. De plus, la vaccination a des conséquences économiques dramatiques puisque les exportations de viande, de fromage et même de chocolat en direction de pays dépourvus de fièvre aphteuse (Japon, USA) seront interdites.

Plusieurs autres pays européens, dont le Portugal et l'Espagne, ont suspendu les importations de bétail français. D'autres, comme les Pays-Bas et certains Länder allemands, ont pris des mesures pour identifier les bêtes venues de France afin de les isoler, voire les tuer. L'UE va intensifier les mesures pour préserver le continent de la fièvre aphteuse.

11 départements français ont importé des animaux de Grande-Bretagne récemment: le Cher, l'Isère, la Loire-Atlantique, le Loiret, la Mayenne, l'Oise, le Pas-de-Calais, la Seine-Maritime, la Seine-et-Marne, la Vienne et la Seine-Saint-Denis. A noter que des bêtes britanniques ont transité par 13 autres départements, dont la Haute-Savoie.

En Italie, un premier cas de moutons suspectés d'avoir été en contact avec le virus de la fièvre aphteuse a été découvert dans les Abruzzes. Ce troupeau (400 têtes) importé de France a commencé à être abattu à titre de précaution.