En voyage officiel en Espagne de mercredi à vendredi, Pascal Couchepin évoquera la recherche utilisant des cellules souches avec la ministre de la santé Elena Salgado Mendez. Le nouveau gouvernement, socialiste, a en effet autorisé la création d'un ambitieux centre de recherche à Valence et d'une banque de cellules souches à Grenade. Le chef de l'Intérieur compte analyser «la manière dont le débat a été mené, et les conditions que les autorités espagnoles ont fixées», indique-t-on à son département.

L'Espagne a ainsi quitté le club des pays très restrictifs en matière de cellules souches, qui comprend encore les nations catholiques: Portugal, Italie et Irlande. L'Autriche et l'Allemagne se montrent aussi sévères en interdisant le recours à des embryons. En revanche, ces deux pays autorisent leur importation, situation singulière dont l'ambiguïté est souvent dénoncée par les chercheurs.

A l'autre bout de la palette, la Grande- Bretagne, la Belgique et bientôt la Suède se montrent les plus permissives, en permettant la production d'embryons à des fins de recherche, ce que la loi soumise au vote le 28 novembre interdit. La Grande-Bretagne est allée jusqu'à accepter le clonage thérapeutique. Si le projet est accepté, la Suisse rejoindra les pays situés à une position intermédiaire, les Pays-Bas, la Finlande, la Grèce et surtout la France, qui a révisé sa loi en août dans un sens très proche de ce qui est en jeu ici: oui à l'utilisation d'embryons surnuméraires, mais pas de production.

En Asie, l'Inde, la Chine et Singapour «se sont dotées de réglementations libérales», selon une étude d'economiesuisse. Ces pays investissent d'ailleurs massivement dans les recherches biomédicales. S'agissant des cellules souches, le Japon et la Corée sont plus restrictifs.